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Le boom économique  

La deuxième période démarre en 1970 et va jusqu'en octobre 1973, date du début de la crise pétrolière. À cette époque, au Proche-Orient, et parallèlement au développement de la production, on commence à se rendre compte que les réserves existantes ne peuvent assurer indéfiniment ce rythme de production et de consommation.

Dans ce contexte de "boom économique", les pays producteurs prennent conscience de leur pouvoir et s'appuient sur la conjonction de certains évènements apparemment mineurs pour revendiquer le droit à l'accroissement de leurs revenus et à la maîtrise de leurs ressources.

Ces évènements sont de deux ordres, conjoncturo-économique et politique :

  • conjoncturo-économique :
    • régression de la production charbonnière aux USA sous la pression de la règlementation de la sécurité minière,
    • utilisation des bateaux mixtes au transport de minerai,
    • augmentation de la demande des produits pétroliers,
    • apparition des normes de protection de l'environnement,
    • difficulté dans le développement du nucléaire en tant que source d'énergie,
  • politique :
    • réduction de 50 millions de tonnes de la production libyenne,
    • rupture de la Tap-Line, oléoduc qui amenait 25 Mt/an du brut saoudien en Méditerranée orientale,
    • durcissement de la position algérienne dans les négociations du renouvellement des accords d'Évian.

Tous ces faits politico-économiques ont permis aux pays producteurs de l'OPEP d'être conscients de leur pouvoir naissant et des atouts qu'ils possédaient. En effet :

  • dans une première série de négociations à Téhéran en Février 1971, et
  • dans une deuxième série de négociations à Tripoli en Avril de la même année,

entre les pays de l'OPEP et les compagnies pétrolières, ceux-ci ont obtenu une revalorisation substantielle de leurs revenus et une consolidation permanente de cette revalorisation dans l'avenir.

Après la nationalisation des pétroles algériens à 51% en 1972, l'OPEP donnait le coup d'envoi des revendications visant à s'assurer une participation conséquente dans les sociétés pétrolières. Ces revendications on été suivies d'effets par des accords de participation signés avec les pays du golfe Persique.

En même temps, les pays producteurs profitaient de leur dominance grandissante pour procéder à des hausses de prix, hausse entérinée, a posteriori, par les compagnies pétrolières, mais d'un montant relativement raisonnable à l'époque. Le prix de l'Arabe Léger (Arabian Light), brut de référence, n'était que de 3,02USD le baril.

En septembre 1973, la Libye nationalisait 5 compagnies anglo-américaines de pétrole et en octobre 1973 éclatait la guerre du Kippour.

Cette deuxième période était donc caractérisée :

  1. par la prise de conscience des pays producteurs de leur pouvoir face aux pays importateurs et gros consommateurs d'énergie,
  2. par la puissance des pays producteurs faces aux compagnies pétrolières, bien que puissantes elles-mêmes, mais incapables de coordonner leurs efforts pour contrer les pays producteurs.