Economie pétrole perspectives
Par credit news, lundi 14 août 2006 à 17:41 :: Pétrole :: #159 :: rss
Perspectives [modifier]
Une méthode prédictive a été mise au point par le géologue Marion King Hubbert, pour déterminer le moment où la production d'un champ pétrolifère atteint son point culminant. En 1956, il avait ainsi prédit le pic de la production pétrolière des États-Unis d'Amérique pour 1970, et les faits lui ont donné raison. Transposée à d'autres pays, sa méthode a toujours bien fonctionné.
Un certain nombre de chercheurs en géologie et d'anciens experts géologues en prospection pétrolière des grandes compagnies productrices se sont regroupés en association, l'ASPO, pour dénoncer la surévaluation des stocks estimés des pays producteurs. Les raisons d'une telle surévaluation sont multiples :
- pour un pays producteur, il s'agirait d'attirer les investisseurs pour construire des infrastructures d'extraction et de transport coûteuses ;
- pour un pays consommateur, il s'agirait de forcer les pays producteurs à maintenir un prix bas en agitant la menace d'aller se fournir ailleurs ;
- pour les compagnies pétrolières, il s'agirait de rassurer leurs investisseurs sur leur valeur à terme, et de négocier à bas prix les achats de gisements (si les réserves mondiales sont élevées, un nouveau gisement vaut moins cher car il est moins rare). Certains dirigeants de Shell, ayant surévalué les stocks récupérables de la compagnie, ont été rémerciés en 2004, entrainant à l'époque une lourde chute des actions de la société.
Or selon les estimations de l'ASPO, le pic de production au Moyen-Orient sera atteint vers 2010. Ce pic sera suivi d'une déplétion (baisse de la production), accompagnée d'une augmentation des coûts d'extraction, qui entraîneront de fortes hausses des prix. Ce phénomène, plus proche que la réelle pénurie qui surviendra beaucoup plus tard, est celui qu'il faut craindre à court terme.
La conséquence principale de la surévaluation des stocks est une prise de risque pour l'économie mondiale, qui repose majoritairement sur le pétrole pour ses besoins en énergie, et qui n'anticipe pas la pénurie prévisible à moyen ou court terme : une crise à court terme pourrait déstabiliser à la fois l'économie et la politique sur le globe.
Les détracteurs de cette hypothèse, qui la voient comme une théorie du complot, rappellent que plusieurs alertes à une prochaine pénurie se sont succédées depuis les années 1950, et que, depuis, il n'y a toujours pas eu de tel pic. Néanmoins la réestimation à la baisse des réserves en 2004 (voir ce communiqué), effectuée l'année même du passage du baril de 40 dollars à près de 50 dollars de juin à septembre 2004, puis à 65 dollars en août 2005 (valeur supérieure de 10%, en dollar constant, aux plus hauts cours atteints lors des chocs pétroliers des années 70) doivent inciter à approfondir la question. De nombreux experts de l'ASPO prédisent un baril à 100 dollars dans moins de deux ans.
La question n'est pas de savoir si l'épuisement aura lieu, mais simplement quand il aura lieu. Une fourchette de dates comprises entre 2020 et 2030 est généralement avancée par les producteurs (pays, ce qui peut être vu comme un moyen de faire monter les cours, mais aussi sociétés, ce qui fait pourtant baisser leur cote boursière, l'investisseur comprenant alors que la valeur de l'action ne saurait dépasser le cumul des dividendes prévisible jusqu'à cette date de mort annoncée). Le rapide développement industriel de la Chine a tendance à rapprocher les estimations du bas de la fourchette. Les chercheurs de l'ASPO, pour leur part, avancent la date de 2010, tous produits pétroliers confondus (y compris les schistes bitumineux du Canada ainsi que les réserves « deeptrek », en forage profond).

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