Paris et Berlin dopent la zone euro

BOND L’Allemagne a affiché sur le trimestre son meilleur taux de croissance en cinq ans avec un produit intérieur brut (PIB) qui a augmenté de 0,9% comparé au premier trimestre. Ici, la Banque centrale européenne à Frankfort.

La croissance économique dans la zone euro s'est accélérée davantage que prévu au deuxième trimestre. Ce bond s'explique par la performance la plus vigoureuse que la France et l'Allemagne aient connue depuis les années 2000-2001. La croissance des Douze a atteint son rythme le plus rapide en six ans, depuis le deuxième trimestre de l'an 2000, selon l'estimation flash publiée hier par Eurostat.

Le produit intérieur brut de la zone euro a augmenté de 0,9% par rapport aux trois mois précédents, contre + 0,6% au premier trimestre et + 0,3% au quatrième trimestre 2005. Sur un an, la croissance est ressortie à 2,4% au deuxième trimestre, contre + 2% au premier et + 1,7% sur les trois derniers mois de l'année dernière.

L'Europe en tête

«L'Europe est dans le peloton de tête», commente Holger Schmieding, économiste chez Bank of America. «Elle signe le plus fort taux de croissance de l'ensemble des pays du G4 - Grande-Bretagne, États-Unis et Japon».

L'Allemagne, première puissance économique européenne, a affiché sur le trimestre son meilleur taux de croissance en cinq ans, depuis le premier trimestre 2001, selon des chiffres de l'Office fédéral de la statistique également publiés hier en estimation «flash». L'Insee a annoncé pour sa part vendredi, dans une «estimation précoce», que l'économie française avait enregistré au deuxième trimestre une croissance inédite en près de six ans, depuis la fin de l'année 2000, avec un taux de 1,1 à 1,2% d'un trimestre sur l'autre alors que les économistes n'attendaient qu'une hausse de 0,7%.

Hausses de taux encaissés

Les chiffres de croissance semblent suggérer que l'économie de la zone euro est parvenue jusqu'ici à encaisser les hausses de taux successives décidées par la Banque centrale européenne (BCE). La bonne santé de l'économie a également renforcé les anticipations d'une poursuite des tours de vis monétaires.

«Voilà qui renforce le scénario d'un nouveau resserrement monétaire de 50 points de base de la part de la BCE avant la fin de 2006, estime Martin van Vliet, économiste chez ING. Nous tablons maintenant sur un mouvement (de la Banque centrale) en octobre, mais selon nos pronostics, la décision pourrait intervenir plus tôt que prévu.»

La BCE a relevé au début du mois ses taux directeur pour la quatrième fois depuis décembre, portant le taux de refinancement à 3%.