Les avantages d'aujourd'hui sont payés par les générations de demain

Au total, selon l'Institute for Management Development (IMD) de Lausanne, qui compare le niveau de compétitivité de 60 pays et régions clefs dans le monde, en analysant 323 critères différents, les Etats-Unis conservent la première place et la France recule cette année de sept places pour terminer en 30e position, malgré des classements honorables sur le niveau des infrastructures (16e), la qualité de la main-d'œuvre (16e) et la productivité (11e).

Face à cela, on continue de vivre ici comme avant, au nom de la défense des avantages acquis, chacun veut plus de bénéfices et moins de charges, moins de travail et plus de revenus. Ce qui revient à faire payer les avantages d'aujourd'hui par les générations de demain. Nos enfants n'auront donc pas seulement à travailler plus dur pour maintenir un niveau de vie égal au nôtre, mais ils auront d'abord à travailler pour financer les dettes que notre paresse leur aura laissées: nos avantages acquis sont leurs dettes. Ils nous haïront, sans doute, à juste titre, pour cela.

Les mâchoires du piège Elles sont en train de se refermer sur nous: La dette publique, qui traduit les dépenses excessives de l'Etat, augmente. Elle représentait 35% du PIB en 1991, 58% en 2002, 65% aujourd'hui, soit environ 1 000 milliards d'euros. Elle atteindra 67% du PIB en 2006 et 80% en 2012, et plus encore ensuite. La moitié de cette dette est désormais détenue par des non-résidents et chaque nouveau-né commence sa vie avec une dette personnelle de près de 18 000 €.

Le service de cette dette (remboursement du capital et intérêts) approche les 50 milliards d'euros par an, soit le montant de l'impôt sur le revenu, soit 135 millions par jour, ou 15% du budget de l'Etat, contre 6% en 1983.

Grâce à la baisse des taux d'intérêt, la charge de la dette s'est stabilisée, ces dernières années, malgré l'augmentation de son volume: elle représentait 3,8% du PIB en 1995 (pourtant, la dette ne pesait alors «que» 55% du PIB). Elle représente 3% du PIB aujourd'hui. Jusque dans les années 1970, en France, le taux de croissance nominal du PIB était supérieur au taux d'intérêt, si bien que le déficit budgétaire n'alourdissait pas nécessairement le poids de la dette dans le PIB. Aujourd'hui, pour stabiliser l'endettement public, le budget de la France doit dégager un excédent primaire de 1,7% du PIB. C'est hors de portée.