Le bénéfice de la BNS varie au gré des placements en devises et en or
Par credit news, mardi 29 août 2006 à 21:40 :: Banques :: #274 :: rss
Le bénéfice de la BNS varie au gré des placements en devises et en or
RESULTATS. Société cotée en Bourse, la BNS est dispensée de se conformer aux normes comptables internationales. Elle déclare un résultat effectif, un bénéfice distribuable.
Le bénéfice intermédiaire de la Banque nationale a plongé de 72,4% au premier semestre. Une chute fort opportune, pourraient penser les partisans de l'initiative COSA qui cherchent à mettre un grappin politique sur les bénéfices de l'institut d'émission. Encore faut-il comprendre le sens du terme de bénéfice appliqué à la BNS. Car si une banque commerciale cherche d'abord à accroître sa valeur, tel n'est pas le cas d'une banque centrale. Celle-ci doit appliquer la mission de politique monétaire qui lui est assignée, la stabilité des prix et le maintien de la valeur du franc.
La BNS, à l'image de toutes les banques centrales, n'a donc pas pour but de maximiser son bénéfice. Techniquement, ce serait extrêmement aisé d'accroître ce dernier. Il suffirait de faire marcher la planche à billets, donc d'émettre du papier-monnaie à volonté. La conséquence serait pourtant dramatique: une hyperinflation et la chute du franc. Car la confiance est un élément beaucoup plus important que le bénéfice pour une banque centrale. Et celle-ci dépend directement de son indépendance à l'égard du pouvoir politique. La maximisation du bénéfice entre en conflit avec son objectif monétaire, explique la Banque nationale. En fait de bénéfice, la BNS est un animal vraiment particulier. Société cotée en Bourse suisse, elle est dispensée de se conformer aux normes comptables internationales IAS. De plus, elle ne publie pas de tableau de financement. Et pour cause, puisqu'elle est en mesure de créer de la monnaie.
Elle déclare un résultat effectif, un bénéfice distribuable, c'est-à-dire avant l'attribution ou le prélèvement sur 16 milliards de francs de réserves issues des années 90. Le bénéfice distribué aux cantons et à la Confédération est de 2,5 milliards, fruit d'un accord avec les politiques. Mais une fois que la réserve pour distributions futures sera éteinte, la capacité bénéficiaire tombera à 1 milliard.
Ce potentiel de 1 milliard dépend d'abord de l'ampleur de ses actifs rémunérés, c'est-à-dire des actifs au bilan qui produisent des revenus d'intérêts. Il s'agit en fait de ses placements en devises. Le reste provient de gains ou pertes comptables sur les fluctuations de prix de l'or, des changes et des capitaux. Le bénéfice est donc hautement instable. Un résultat récent car les placements financiers sont comptabilisés au prix du marché depuis 1996. Auparavant, l'or était comptabilisé à 4595,74 francs le kilo, selon l'arrêté fédéral de 1971. Lorsqu'elle a changé son approche, ses réserves d'or ont subitement pris l'ascenseur.
Si le portefeuille de la BNS vaut 109 milliards de francs, seuls 85 milliards sont à disposition pour ses activités. La taille de ce portefeuille dépend de la monnaie centrale, qui est un agrégat restreint de masse monétaire, ainsi que de provisions.

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