LUXE Le fleuron du groupe LVMH a inauguré hier la rénovation de son magasin rue du Rhône. Son projet le plus ambitieux de 2006.

Après avoir considérablement investi dans la transformation de sa maison des Champs-Elysées, Louis Vuitton, fleuron du numéro un mondial du luxe LVMH, mise aujourd'hui sur la Suisse et agrandit son magasin de la rue du Rhône. Rencontre avec Philippe Schaus, directeur international de Louis Vuitton, qui ne cache pas ses ambitions pour Genève.

- LVMH a réalisé d'excellents résultats en 2005 (n.d.l.r.: 1,4 milliard d'euros, en hausse de 21%). La marque Louis Vuitton est-elle toujours la locomotive du groupe?

- Certainement. Au sein de Louis Vuitton, la majeure partie des achats de nos clients est effectuée dans le secteur de la maroquinerie. Mais aujourd'hui, nous tirons également notre plus grande croissance des nouveaux métiers. Je veux parler du prêt-à-porter, des souliers, des montres, de la joaillerie et des lunettes de soleil. Dans ces branches, notre croissance est spectaculaire et très rapide.

- Les premières tendances de vos affaires en 2006?

- La première moitié de l'année a été excellente au niveau des ventes, partout dans le monde. La deuxième moitié ne fait que démarrer et il est difficile de se prononcer: les taux de change ne sont pas favorables et le cours du pétrole influe beaucoup sur la consommation des ménages. Mais nous sommes optimistes.

- Quels sont vos principaux marchés?

- Notre marché principal est le Japon suivi de l'Amérique du Nord et de la grande Chine. Les pays européens sont également importants pour nous, tant au niveau de la clientèle locale, en très forte croissance, qu'au niveau de la clientèle touriste, historiquement toujours importante.

- La vente de vos produits diffère-t-elle selon vos marchés?

- Curieusement, non. Chez Louis Vuitton, nous avons constaté que lorsqu'un produit marche bien, il marche généralement bien partout. Le marché du luxe est un marché global.

- En Suisse, quelles sont vos parts de marché?

- Zurich et Genève sont nos deux piliers. Nous avons ensuite plusieurs magasins dans les villes du pays et les magasins touristiques. La Suisse est un marché très important où nous avons toujours beaucoup investi. La proportion de nos magasins y est, par rapport au nombre d'habitants, la plus élevée au monde. L'agrandissement du magasin de Genève est d'ailleurs le projet le plus important de Louis Vuitton en 2006.

- Quel est le montant de votre investissement à Genève?

- Il est très élevé. De façon générale, nous sommes parmi les sociétés qui investissent le plus au mètre carré. A Genève, une trentaine de personnes travailleront dans ce nouvel espace de 540 m2. Ce sera le troisième plus grand magasin de Louis Vuitton en Europe. Jusqu'à présent, nous nous considérions un peu sous-représentés par rapport à d'autres marques. C'est l'une des raisons de notre agrandissement.

- Louis Vuitton est entré sur le secteur des montres récemment. Vous ne pouvez toutefois pas encore rivaliser avec les grandes marques…

- Notre offre est de très haut niveau et va en grandissant. Notre point fort, c'est le contrôle total de la production et de la distribution des produits uniquement dans nos points de vente. En ce sens, nous rivalisons avec les plus grands. Nos montres sont assemblées dans les ateliers horlogers Louis Vuitton de La Chaux-de-Fonds par exemple.

- Ce modèle économique fait-il le succès de Louis Vuitton?

- C'est en effet l'une des clés du succès. En maîtrisant parfaitement chaque étape de notre métier, nous évitons les coûts engendrés par des licences ou des intermédiaires. Ce «business model» nous donne beaucoup de force dans notre développement.