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Thomas Thöni, Zurich
Pour Frank Schnewlin, directeur du groupe Bâloise, le quatrième
assureur en Suisse, la croissance du groupe passe par une extension
vers les nouveaux membres de l'Union européenne. «La Suisse représente
toujours pour nous un pays de première importance. Mais il faut savoir
se développer sur les marchés à fort potentiel, ce qui est le cas des
pays de l'Est», indique-t-il mardi en marge de la conférence de presse
des résultats semestriels. En Suisse, le volume d'affaires a baissé de
3,3% à 2,7 milliards de francs, dû à la morosité du marché des
assurances vie classiques et des primes uniques en particulier. Le
bénéfice avant impôts et frais de financement s'y élève à 158,6
millions (+38,2% ). Concernant la concurrence locale, soit la vente
récente de l'assureur Winterthur au français Axa, Frank Schnewlin n'y
voit «aucune influence sur le marché Suisse, car il n'existe pas de
synergie à court terme entre ces deux groupes sur ce marché».
OVB Holding, une société de courtage allemande, sert de tête de
pont à Bâloise vers les pays de l'Est. Déjà bien implantée en
République tchèque et en Slovaquie, cette société cotée depuis fin
juillet, dont Bâloise est l'actionnaire majoritaire depuis qu'elle a
racheté le groupe d'assurances Deutscher Ring, est aussi établie en
Pologne, en Hongrie, en Roumanie et en Croatie. Dans ce dernier pays,
l'assureur suisse a déjà lancé un projet pilote «très satisfaisant» il
y a six ans. Une acquisition est prévue en Serbie d'ici à 2007. «Il est
probable que nous nous étendions encore sur d'autres marchés», dit
Frank Schnewlin.
Concernant son deuxième marché, l'Allemagne, Bâloise enregistre une
hausse de ses volumes de 4,4% à 1,2 milliard, malgré une féroce
concurrence sur les prix. Avec ses deux unités Basler Securitas et
Deutscher Ring, son bénéfice passe à 116,5 millions, contre 49 millions
au premier semestre 2005. Le directeur y voit «un marché très
prometteur, notamment dans les assurances vie qui devraient connaître
un boom prochainement».
Frank Schnewlin souligne l'importance de la rentabilité du groupe
par rapport à la croissance des volumes. Pourquoi? «Nous voulons
satisfaire au maximum nos actionnaires, nos clients et nos employés.
Cette stratégie a été aussi choisie en partie pour rendre plus
difficile une acquisition hostile en augmentant fortement le prix que
devrait payer un groupe s'il voulait nous racheter.» Les rumeurs d'un
rachat ne sont pas commentées par la Bâloise qui n'entrevoit pas de
réorganiser son portefeuille en vendant soit le secteur vie, soit le
non-vie. «Notre présence géographie a déjà été complètement revue dans
les années 1990. Les autres assureurs essayent de le faire
actuellement, mais les conditions du marché ne sont plus aussi bonnes.»
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