Cinq milliards évaporés

                                         

                FINANCE                 Un «trader star» fait perdre la moitié de ses billes à un fonds spéculatif américain.

                

ATS / AFP
                      Publié le 25 septembre 2006


Un trou de plus de cinq milliards de dollars en quelques jours, c'est la perte qu'a subie le fonds spéculatif Amaranth. La faute, semble-t-il, aux mauvais paris d'un jeune courtier de 32 ans, Brian Hunter, sur les cours du gaz naturel.

Une des stars d'Amaranth, ce Canadien placé à la tête du courtage en énergie chez Amaranth était réputé investir en se basant sur des modèles mathématiques. Elevé dans la campagne canadienne près de Calgary, Brian Hunter avait débuté sa carrière à 24 ans, à TransCanada Corp., une entreprise d'oléoducs. Après y avoir fait ses preuves en tant que trader, il avait ensuite rejoint Wall Street et la Deutsche Bank, pour le même métier mais un plus gros salaire.

Retour de bâton

L'an dernier, profitant de la hausse des prix du gaz après le passage dévastateur des ouragans Katrina et Rita aux Etats-Unis, le jeune courtier avait fait gagner un milliard de dollars à Amaranth, devenant un «héros» aux yeux de ses collègues et une «petite légende» à Wall Street, rapporte le Wall Street Journal. Son patron l'avait remercié en lui donnant son propre bureau à Calgary avec un salaire compris en 2005 entre 75 et 100 millions de dollars.

Mais cette fois, le «golden boy» canadien a pris trop de risques: «Les prix du gaz naturels sont parmi les plus volatils, ils peuvent atteindre des records à la hausse ou la baisse en très peu de temps, influencés exclusivement par la météo», souligne un analyste. Un autre: «Il est toujours dangereux de laisser autant d'argent dans les mains d'un «trader star», qui de plus est éloigné de ses collègues.»

Toutefois, malgré sa colossale bourde, Brian Hunter serait encore, à l'heure actuelle, un employé d'Amaranth.