Un patron sur quatre gagne plus d’un million
Par credit news, mercredi 4 octobre 2006 à 23:34 :: Emplois :: #430 :: rss
Un patron sur quatre gagne plus d’un million
SALAIRES Les 20 millions d’Ospel ou Vasella sont des exceptions.Les PDG gagnent en moyenne 650 000 francs par an.
ÉLISABETH ECKERT DUNNING
Publié le 04 octobre 2006
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Enfin, le constat a le mérite d'être posé alors que le débat sur la
rémunération des grands patrons helvétiques fait rage tant dans
l'opinion publique qu'au Parlement fédéral: «La grande majorité des
membres de directions des entreprises ou des conseils d'administration
ne se voient pas offrir de portefeuilles de rémunération excessifs,
affirme ainsi Peter Leibfried, professeur à l'Université de Saint-Gall
et auteur d'une étude sur la question réalisée pour KPMG *. En général,
le système de rémunération des dirigeants suisses n'est pas si mal
conçu que le débat actuel tente parfois de nous le faire croire.»
Qu'en
ressort-il concrètement? L'enquête, menée auprès de 500 entreprises du
pays, démontre ainsi qu'un peu plus d'un tiers des PDG helvétiques
gagnent entre 400 000 et 600 000 francs par an, tandis qu'un autre
tiers se contente de 200 000 à 400 000 francs. Les très hauts salaires
(plus de 10 millions de francs annuels) sont donc chose extrêmement
rare. Mais 24% des grands patrons suisses bénéficient tout de même d'un
salaire supérieur à 1 million de francs.
Taille de l'entreprise déterminante
«En
matière de fixation des rémunérations, explique encore Peter Leibfried,
la taille de l'entreprise est généralement déterminante. Plus elle est
importante, plus les salaires des dirigeants seront élevés.» A
contrario, constate encore le professeur de l'Université de Saint-Gall,
rares sont encore les rémunérations qui dépendent de la performance de
l'entreprise.
Les pires fantasmes courent également en ce qui
concerne les jetons de présence des administrateurs ou, plus
prosaïquement, les dédommagements financiers octroyés aux personnes
siégeant dans un conseil. Un président sur quatre touche ainsi entre
100 000 et 300 000 francs par an, tandis que plus de 40% sont
au-dessous de cette marque. Un simple administrateur, quant à lui,
devra, dans près de 70% des cas, se contenter d'une compensation
inférieure à 50 000 francs par an. «Le plus souvent, la rémunération
d'un administrateur dépend du nombre de séances consacrées à
l'entreprise, affirme ainsi Hubert Achermann, directeur général de KPMG
Suisse. En moyenne, les conseils d'administrations se réunissent tous
les deux mois, chaque séance exigeant de leurs membres quelque 10
heures de leur temps, y compris le temps de préparation.» En ce sens,
les auteurs de l'étude estiment carrément que les administrateurs
suisses ne sont pas assez bien payés. Ou, plus précisément, «la
structure de la rémunération actuelle n'est pas de nature à récompenser
les efforts personnels et le succès».
Auto-complaisance
Tout
est-il dès lors au mieux dans le meilleur des mondes? Pas vraiment.
«Reste en effet la constatation choquante et insatisfaisante selon
laquelle la question de la rémunération n'est de toute évidence
pratiquement pas abordée dans les conseils d'administration», accuse
ainsi Hubert Achermann. Sous-entendu: une forme d'auto-complaisante
règne encore dans les entreprises helvétiques en la matière. Pour
preuve: l'immense majorité des sociétés sondées voient d'un très
mauvais œil la fixation des salaires de leurs dirigeants ou de leurs
administrateurs par l'assemblée générale des actionnaires.
*«Rémunération des cadres supérieurs dans la pratique suisse», sur www.kpmg.ch



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