Les prix du pétrole se stabilisent après une incursion sous les 58 dollars
LONDRES (AFP)

Une pompe à essence© AFP/Archives Behrouz Mehri
Les prix du pétrole se stabilisaient mercredi matin après avoir perdu 7% de leur valeur cette semaine, les courtiers anticipant de nouvelles hausses des stocks aux Etats-Unis sur un marché déjà surapprovisionné en brut à l'approche de l'hiver.

Sur le marché de Londres, le baril de Brent de la mer du Nord a fait une incursion sous le seuil de 58 dollars mercredi, tombant au plus bas depuis décembre, à 57,78 dollars.

Le Brent est aujourd'hui le prix de référence pour deux tiers du pétrole échangé dans le monde. Il remontait de 12 cents à 58,55 dollars vers 10H30 GMT.

A New York, le baril de "light sweet crude" prenait 4 cents à 58,72 dollars, après avoir reculé jusqu'à 58,20 dollars, au plus bas depuis février.

C'est le troisième jour consécutif de repli des prix, qui ont cédé plus de 4 dollars, soit 7%, depuis vendredi. Ils ont chuté de 25% depuis les records d'il y a deux mois.

Les investisseurs sont rassurés par le net renflouement des stocks de pétrole aux Etats-Unis, alors même que la croissance économique --et avec elle la demande pétrolière-- y montre des signes de ralentissement.

Or le département américain de l'Energie (DoE) devrait signaler de nouvelles hausses des stocks dans son rapport hebdomadaire attendu à 14H30 GMT.

Les analystes anticipent notamment une hausse de 1,5 million de barils des stocks de produits distillés, qui comprennent le fioul de chauffage et sont à ce titre capitaux pour l'hiver. Ces réserves sont déjà à leur plus haut niveau depuis près de huit ans et en hausse de 15% sur un an.

Si les stocks progressent plus qu'attendu, les cours risquent de se remettre à baisser.

"La tendance à court terme est à la baisse", prédisent les analystes de Barclays Capital. "Ayant échoué à se rétablir au-dessus de 65 dollars et à s'accrocher à la barre des 60 dollars, les prix devraient tester" de nouveaux plus bas.

"La faiblesse devrait à terme s'étendre à 55 dollars", préviennent-ils.

Face à l'abondance des stocks, le marché se montre actuellement peu soucieux du regain de violence au Nigeria, où l'enlèvement de cinq autres employés du secteur pétrolier a été signalé mardi. Il ne s'inquiète pas trop non plus de la crise avec l'Iran sur le nucléaire.

Le gouvernement américain a estimé mardi que les réserves stratégiques de pétrole, détenues par les Etats-Unis et le reste du monde en cas d'urgence, pouvaient compenser un arrêt complet des exportations de brut de l'Iran pendant environ 18 mois, rapportaient des analystes.

Les craintes d'un cyclone majeur dans le golfe du Mexique, où se trouvent de nombreuses plateformes pétrolières, se sont également dissipées. Mardi, le météorologue William Gray de l'Université du Colorado a prédit que la saison cyclonique ne verrait plus de que deux tempêtes tropicales d'ici fin novembre dans l'Atlantique.

"Même l'Opep n'agit pas en ce moment, et c'est probablement ce qui affecte le plus (les prix) car (ses membres) ne paraissent pas vouloir défendre les prix du pétrole aux niveaux actuels", observe Michael Davies, analyste à la maison de courtage Sucden.

En dépit du net repli du prix du baril, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) ne prévoit pas de se réunir avant la prochaine réunion prévue en décembre au Nigeria, selon un porte-parole du cartel interrogé mercredi par l'AFP.

Jusqu'à présent, seuls le Venezuela et le Nigeria ont décidé, sur une base volontaire, de réduire leur production de brut, de 170.000 barils par jour au total, pour tenter de faire rebondir les prix.

Le président de l'Opep, le Nigérian Edmund Daukoru, a appelé mardi d'autres pays du cartel à en faire autant, mais aucun n'a pour le moment manifesté l'intention d'abaisser son offre.