Fonctionnement

L'OPEP cherche à réguler la production et le prix par un effort coordonné de ses pays membres, notamment en instaurant un système de quotas de production. Les membres constituent donc un cartel de producteurs. Ils se mettent d'accord sur la quantité de pétrole exporté, ce qui influence le prix du marché. Ils possèdent 75% des réserves estimées de pétrole et fournissent aujourd'hui 40% de la production mondiale.

Les transactions de pétrole se faisant en dollars US, le changement de la valeur du dollar par rapport aux monnaies des pays producteurs affecte les décision de l'OPEP quant à la quantité à produire. Par exemple, lorsque le dollar baisse par rapport aux autres monnaies, les États de l'OPEP voient leurs revenus diminués pour les achats effectués dans d'autres monnaies, ce qui réduit leur pouvoir d'achat puisqu'ils continuent à vendre leur pétrole en dollars.

Les décisions de l'OPEP ont une importante influence sur le cours mondial du pétrole. Un exemple est la Crise pétrolière de 1973 lors de la Guerre du Kippour : l'embargo de l'OPEP envers les pays occidentaux qui soutiennent Israël provoque une multiplication par quatre du cours pendant cinq mois (17 octobre 1973 - 18 mars 1974). Par la suite, le 7 janvier 1975, les pays de l'OPEP s'entendent pour augmenter le prix du pétrole brut de 10%.

A l'inverse d'autres cartels, l'OPEP a réussi à relever le prix du pétrole pendant de longues périodes. Le succès de l'organisation vient de la volonté de l'Arabie saoudite d'accepter les triches des autres membres et de baisser sa production lorsque les autres dépassent leurs quotas. Ainsi la plupart des membres produisent au maximum de leur capacité et l'Arabie saoudite est le seul à avoir une capacité de réserve et la possibilité d'augmenter la production si nécessaire.

La règle a très bien réussi dans le passé, amenant le cours du brut à rejoindre des niveaux qui n'avaient été atteints que par des produits raffinés. Toutefois, la capacité de l'OPEP à monter les prix a des limites. L'augmentation amène une baisse de la consommation et pourrait causer une diminution des revenus. De plus, des augmentations systématiques pourraient encourager l'utilisation d'énergies alternatives ou une économie de consommation. Enfin, une part croissante des producteurs ne fait pas partie de l'OPEP.

Par ailleurs, les marchés à terme de Londres et de New York (NYMEX) jouent un rôle croissant dans la détermination des cours, retirant ainsi du pouvoir à l'OPEP. Selon des sources non officielles, l'Iran cherche à établir un contre-pouvoir à ces marchés en prévoyant d'ouvrir en mars 2006 une Bourse du Pétrole sur son propre sol, où s'échangerait le pétrole de membres de l'OPEP ; ces transactions s'effectueraient de plus en euros et non plus en dollars.

Jusqu'à la Guerre du Golfe de 1990-1991, le président irakien Saddam Hussein demandait à l'OPEP de monter les cours du pétrole afin d'aider l'Irak et d'autres pays membres à résorber leur dette.