LE PRIX DE L'ESSENCE
Par bourse cours pétrole credit news, dimanche 29 octobre 2006 à 09:09 :: Cours du pétrole-carburant :: #591 :: rss
LE PRIX DE L'ESSENCE ordinaire sans plomb est particulièrement visible. Nul besoin d’entrer dans une station-service pour le voir : il est visible de la rue, à des centaines de mètres à la ronde. Pourquoi ? Parce que le prix et l’emplacement sont les principaux facteurs qui déterminent l’endroit où le consommateur achète son essence. Pour attirer la clientèle, le détaillant doit afficher ses prix.
Le prix de l’essence est soumis à de fréquentes variations très médiatisées. L’attention des médias et la visibilité des prix rendent les consommateurs particulièrement conscients des fluctuations du prix de l’essence.
D’où l’inévitable question : pourquoi le prix de l’essence varie-t-il autant ? Pour y répondre, il faut examiner le mode d’établissement du prix de l’essence et comprendre les divers facteurs qui influent sur le prix à la pompe, à savoir le prix du pétrole brut, le marché du raffinage-distribution, lequel détermine le prix de gros, et le secteur du détail où entrent en action la concurrence et les taxes locales.
Le
pétrole brut est un produit de base dont le prix de vente, établi en
dollars américains, est comparable presque partout dans le monde,
n’étant ajusté qu’en fonction du transport et de la qualité. Le prix du
brut est tributaire de l’offre et de la demande. À court terme
(oublions l’OPEP pour l’instant), l’offre et la demande de brut sont
insensibles aux prix, ou inélastiques. Du côté de l’offre,
l’exploitation de nouvelles sources de pétrole brut n’est pas
instantanée : le forage et la construction de pipelines prennent du
temps. Du côté de la demande, les automobilistes, utilisateurs ultimes
du pétrole brut, n’échangent pas rapidement leurs voitures contre des
véhicules moins énergivores, et l’évolution de leurs habitudes de
conduite est lente. Par exemple, seule une forte hausse du prix de
l’essence incitera certains à utiliser les transports en commun. Vu cet
élément d’insensibilité, des variations même légères de l’offre et de
la demande provoquent de fortes fluctuations des prix. Récemment,
l’offre et la demande ont beaucoup varié. L’activité économique
mondiale, ainsi que je l’ai mentionné, a stimulé la demande dans un
contexte de réduction des approvisionnements pétroliers de l’OPEP.
Si l’OPEP ne fournit qu’environ 40 % des approvisionnements mondiaux de brut (contre 50 % il y a 30 ans), elle demeure néanmoins un acteur influent.
Face aux fortes pressions des pays occidentaux, notamment les États-Unis, et sachant que des prix stratosphériques sont générateurs d’inflation et, au bout du compte, de récession mondiale, l’OPEP a déterminé une fourchette de prix variant de 22 $ à 28 $US le baril pour sa gamme de sept catégories de pétrole brut. (Comme cette gamme contient certains pétroles bruts de moindre qualité, son prix est inférieur aux cours officiels des bruts légers, tels que le West Texas Intermediate et le Brent de la mer du Nord.) Si le prix du baril se maintient au-dessus des 28 $US ou glisse sous les 22 $US, l’OPEP envisage d’ajuster à la hausse ou à la baisse sa production. L’an dernier, conformément à cette stratégie, l’OPEP a relevé à quatre reprises sa production, soit une hausse totale d’environ 3,7 millions de barils par jour.
La flambée des prix en 2000 a aussi été alimentée par la crainte qu’un hiver rigoureux aux États-Unis n’entraîne un épuisement des réserves de mazout domestique. De plus, l’Iraq a réduit sa production en raison de l’embargo de l’ONU. Et enfin, les tensions israélo-palestiniennes ont généralement déstabilisé les approvisionnements en provenance du Moyen-Orient.
Bien sûr, ce n’est pas la première fois que la conjoncture politique au Moyen-Orient, où sont concentrés les États membres de l’OPEP, a des retombées sur les prix du pétrole. La guerre de Kippur, en 1973, avait déclenché une crise au cours de laquelle le prix du baril (corrigé de l’inflation) avait frisé les 45 $US. Pendant la révolution iranienne de 1979, les prix ont été propulsés à quelque 90 $US le baril. En 1991, en pleine guerre du Golfe, ils ont avoisiné les 50 $US le baril. L’éclatement d’un conflit au Moyen-Orient, ou même son éventualité, précarise les approvisionnements de brut, relançant au moins temporairement la spirale des prix.
En réaction au repli rapide de la croissance économique américaine au quatrième trimestre de 2000 et à l’approche du printemps dans l’hémisphère nord, l’OPEP a annoncé qu’elle réduisait sa production de brut de 1,5 million de barils par jour (5,6 %) le 1er février. Les dix pays membres de l’OPEP, à l’exception de l’Iraq, craignaient que sans une intervention, les prix de la gamme des bruts ne dégringolent sous la fourchette cible. Les « durs » ont réclamé une baisse encore plus forte, mais l’Arabie Saoudite, qui fournit environ le tiers de la production de l’OPEP, les a convaincus de faire preuve de patience. De plus, l’OPEP voyait poindre à l’horizon une reprise des exportations de l’Iraq au niveau autorisé par l’ONU (environ deux millions de barils par jour, comparativement aux 500 000 b/j que ce pays expédiait à la fin de 2000 à cause d’un différend d’ordre tarifaire avec l’ONU). Avant l’annonce de l’OPEP, le prix du West Texas Intermediate se situait sous les 26 $US le baril. Après l’annonce, il est remonté à près de 32 $US le baril. Les membres de l’OPEP se réuniront de nouveau à la mi-mars et décréteront vraisemblablement une nouvelle baisse de la production.

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