Nicolas Sarkozy donne un nouveau style européen au 14-Juillet

   

   

PARIS (Reuters) - Pour son premier 14-Juillet à l'Elysée, Nicolas Sarkozy a décidé d'imprimer sa marque, en rupture avec ses prédécesseurs, et de placer la partie militaire des festivités sous le signe de l'Europe.

"Il y a certainement un changement de style", a déclaré jeudi son porte-parole, David Martinon, lors d'un point de presse.

Le président de la République a ainsi renoncé à la "prise de parole obligée" de la traditionnelle interview télévisée inaugurée par François Mitterrand et suivie par Jacques Chirac.

Il a prévu de mettre à l'honneur cette année 2.000 victimes, des personnes ayant traversé une épreuve, et qui suivront le défilé militaire aux côtés du chef de l'Etat avant de prendre part à la traditionnelle garden­party à l'Elysée.

"Il fallait que la Nation tende la main vers les victimes. Ce sont des gens qui ont mis un genou à terre, des victimes en compagnie des héros", a souligné David Martinon.

Autre nouveauté : un grand concert est organisé le soir au Champ-de-Mars à Paris dans le cadre d'une grande fête populaire voulue par Nicolas Sarkozy avec en tête d'affiche Michel Polnareff.

"Le message, c'est que le 14-Juillet soit une fête qui touche le plus grand nombre, d'où ce concert sur le Champs-de-Mars", a souligné le porte-parole du président de la République.

Sur le plan militaire, le défilé sera placé sous le signe de l'Europe. D'une part, les vingt-six autres pays de l'Union européenne ont été invités à défiler sur les Champs-Elysées et d'autre part, plusieurs personnalités européennes participeront aux festivités.

Parmi elles, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, Javier Solana, Haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune (PESC), et le Premier ministre portugais Jose Socrates, à la tête de l'Union.

"Ce sont des marques très fortes de cette orientation (européenne) après un Conseil européen qui a permis de sortir du blocage", a estimé David Martinon.

Nicolas Sarkozy a également innové en décidant de ne pas accorder de grâce collective le 14-Juillet, rompant ainsi avec un usage qui s'était systématisé depuis 1991.

Cette décision est cohérente avec le choix de ne pas avoir fait adopter de loi d'amnistie à l'occasion de la présidentielle.