mardi 17 juillet 2007
Recruter pour son boss peut rapporter gros
Par bourse cours pétrole credit news, mardi 17 juillet 2007 à 11:02 :: Emplois
Recruter pour son boss peut rapporter gros
Les entreprises n'hésitent plus à offrir une prime à l'employé qui saura trouver la perle rare. Une stratégie en vogue à l'heure d'une forte pénurie de main-d'oeuvre. A ce jeu, tout le monde y gagne. Pour autant que l'intermédiaire présente le bon candidat
Tous les moyens sont bons pour recruter des talents. Pour chasser les «espèces en voie de disparition», les patrons font davantage appel à leurs propres employés. Une technique peu connue mais en plein développement à l'heure où le marché de l'emploi se tend. Le principe? Un poste se libère et l'appel est lancé auprès des employés pour qu'ils recommandent un candidat au service des ressources humaines. Une fois l'engagement conclu et après un temps d'essai réussi, l'intermédiaire est récompensé par une prime. Selon notre enquête, les montants varient entre 500 fr. et plus de 6000 fr. selon la société et l'importance du poste à pourvoir.
Méfiance
Méfiance, préviennent certains. Le «su-sucre»
pourrait être empoisonné. «Officiellement, on se contente de mettre en
contact son entreprise avec un candidat. Dans les faits, cela
sous-entend que l'on est responsable», estime un employé d'une banque
de la place genevoise. Le risque que la nouvelle recrue se révèle au
fil des mois un vrai boulet n'est pas anodin. «Au cas où ça se
passerait mal, ce n'est pas très bon pour l'avancement», craint le
Genevois, pourtant prêt à tenter l'expérience.
L'inconvénient, souligne le syndicaliste Aldo Ferrari, c'est l'argent... «L'employé aura tendance à présenter un poste sous le meilleur angle à sa recrue, dans le but de toucher une prime», analyse le secrétaire régional d'UNIA Vaud. Et tout le monde peut y perdre.
«Tout le monde y gagne!» assure au contraire Marcel Lucien Goldschmid, responsable de la formation continue en psychologie du management à l'UNIL. C'est d'ailleurs l'un des meilleurs moyens de trouver la perle rare. L'employé, récompensé financièrement, se sent valorisé. Quant au patron, il peut compter sur des propositions fiables et sur une méthode complémentaire aux voies classiques, comme les annonces dans la presse ou les agences de recrutement.
Et ça marche. Les grandes sociétés en sont friandes comme chez Gétaz Romang ou au Credit Suisse. Dans cette banque, on constate peu d'erreurs de casting, selon son porte-parole Jean-Paul Darbellay. Même enthousiasme chez le concurrent UBS. Son porte-parole met en avant l'intérêt du système, à l'heure où 500 places sont à pourvoir. Instauré l'an passé en Suisse, le programme est à l'origine de 10% des embauches.
Si la technique date de 1998 chez Migros, elle est vivement encouragée depuis peu. La prime est d'ailleurs passée de 750 à 1000 fr. pour l'employé chasseur de tête. Sur les 2000 postes à la fédération des coopératives Migros, une quinzaine sont renouvelés par ce biais chaque année. L'enthousiasme est tout aussi perceptible chez British American Tobacco, regroupant 140 salariés à Lausanne. «Sur toutes les candidatures obtenues grâce au programme, une sur cinq aboutit à un engagement», explique Marie Chollet, attachée de presse. Tous tiennent à lever le doute sur la responsabilité de l'intermédiaire: elle s'arrête dès l'instant où il transmet un dossier.
Savoir attirer les talents est tout un art, savoir les retenir en est un autre.
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