Le prix des casseroles s'échauffe avec la flambée des cours du cuivre
PARIS (AFP)
 Hugo
Gorny (g), lauréat du concours "Graine de chef", et le chef Marc Meurin
de Béthune, utilisent des casseroles en cuivre, le 9 mai 2001 à Paris©
AFP/Archives Jean-Pierre Muller
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Coup de chaud dans les cuisines des grands chefs:
les prix des batteries de casseroles en cuivre flambent avec des
hausses de 10 à 30%, répercutant l'ascension des cours du cuivre
multipliés par quatre en trois ans sur le marché mondial des matières
premières.
"Les prix de nos ustensiles, casseroles, poêles
et autres faitouts ont dernièrement augmenté de 10 à 30% à la suite de
la flambée des cours du cuivre", affirme Françoise Bergamo, PDG de la
"Fabrique de cuivrerie d'art", implantée à Villedieu-les-Poêles, dans
la Manche.
"Mais cette hausse n'a eu
jusqu'à présent que peu d'impact sur notre activité, même si la demande
américaine a légèrement fléchi", ajoute la patronne de cette société
qui regroupe les "Cuivres Havard" et la Fonderie de cloches
Cornille-Havard.
Des ateliers de
"Cuivres Havard", sortent chaque année 3 à 4.000 pièces dont plus de la
moitié sont expédiées aux Etats-Unis, en Asie, en Allemagne et en
Grande-Bretagne, précise Mme Bergamo.
En trois ans, les cours du cuivre ont été
multipliés par quatre, atteignant à la mi-mai 8.800 dollars la tonne,
avant de subir une correction. Mais les prix risquent d'atteindre de
nouveaux sommets avec la décision du groupe anglo-australien BHP
Billiton de suspendre l'activité de sa mine chilienne d'Escondida, la
plus grande au monde, touchée par une grève dure.
Etienne
Dulin, directeur de l'Atelier du cuivre, répercute "régulièrement" la
flambée des cours de l'or rouge sur ses produits. "Sur des petites
pièces comme les casseroles, cette augmentation est sensible, mais sur
les grosses pièces de décoration, elle est quasi-indolore, les frais de
main d'oeuvre entrant pour 75% dans le coût de fabrication",
affirme-t-il.
Ce dinandier, qui
fabrique des baignoires et des fauteuils en cuivre, réalise 70% de son
chiffre d'affaires à l'export, aux Etats-Unis, en Allemagne mais aussi
au Japon.
Cornille-Havard, un des
spécialistes mondiaux de l'art campanaire, est également sensible aux
variations des cours mondiaux du cuivre et de l'étain utilisés pour
fabriquer ses cloches. Mais dans cette activité, "on travaille sur
devis", explique Mme Bergamo.
Même si
un peu partout en France les artisans travaillent le cuivre, notamment
dans le Jura (cuivrerie de Cerdon) ou dans le Tarn à Durfort,
Villedieu-les-Poêles est incontestablement la capitale des dinandiers
depuis le XIVe siècle.
La "Cité du
cuivre" est réputée dans le monde entier pour la qualité de ses
casseroles fabriquées par une douzaine d'entreprises, dont les trois
quarts sont encore des artisans.
Les
cuisiniers apprécient en particulier la conductibilité thermique du
métal rouge. "Il n'y a pas de différences de température dans toutes
les parties d'une casserole de cuivre. Vous êtes à peu près sûr de
réussir une sauce hollandaise, ce qui n'est pas le cas dans un
récipient en inox", affirme M. Dulin.
"Alain
Ducasse commande régulièrement des casseroles en cuivre pour ses
restaurants de Tokyo ou de New York", confie Mme Bergamo.
Mauviel,
firme créée en 1830, est de loin la plus importante entreprise de
Villedieu-les-Poêles avec 1.600 références au catalogue, un effectif de
100 personnes et plus de 50% des ventes réalisées à l'export dans une
quarantaine de pays.
Viennent ensuite
les Cuivres Havard, l'Atelier du cuivre et Mauduit Viard, cette
dernière s'étant spécialisée dans la fabrication de luminaires.
© AFP Agence France-Presse