Trois tours de vis monétaires ont eu lieu en Europe au cours de la semaine qui s'est achevée vendredi 4 août. Les trois, effectués par la Banque centrale européenne (BCE), celle d'Angleterre (BoE) et celle du Danemark, d'un quart de point chacun, ont eu lieu jeudi. Leur principal taux d'intérêt a été respectivement porté à 3 %, 4,75 % et 3 %.
L'action de la BCE - la quatrième en l'espace de huit mois - n'a pas eu d'influence sur les marchés financiers tant elle était attendue.
Son président, Jean-Claude Trichet, a laissé entendre que la BCE était prête à procéder à une autre hausse des taux à l'avenir, compte tenu des pressions inflationnistes, qui restent élevées dans la zone euro, et de l'accélération de la croissance. La première estimation de la hausse des prix à la consommation sur un an en juillet donnée par Eurostat, lundi, était de 2,5 %, identique à celle de mai et juin.
M. Trichet n'ayant toutefois pas employé, jeudi lors de sa conférence de presse, le mot "vigilance" - comme lors de toutes les réunions précédant une hausse des taux -, les économistes en ont déduit qu'il ne fallait pas s'attendre à un nouveau relèvement le 31 août, mais plutôt en octobre.
La décision de la BoE a davantage surpris les marchés. Peu d'économistes avaient prévu qu'elle relèverait ses taux. La banque centrale a justifié son geste par les craintes inflationnistes. L'indice boursier Footsie-100 a d'ailleurs perdu 1,58 % jeudi. Sur le marché des changes, juste après l'annonce, la livre sterling a dépassé, pour la première fois depuis deux mois, le seuil de 1,88 dollar.
ALTRAN DÉVISSE
L'euro a quant à lui progressé à un plus haut depuis deux mois face au dollar, vendredi, passant au-dessus de 1,29 dollar, après la publication du rapport sur l'emploi au mois de juillet aux Etats-Unis, moins bon que prévu. L'économie américaine n'a créé que 113 000 emplois en juillet, alors que les prévisions étaient de 145 000, et le taux de chômage est au plus haut depuis février (4,8 % de la population active).
"C'est un chiffre décevant, et conforme à l'idée que l'économie américaine ralentit", a réagi Audrey Childe-Freeman, économiste à la Banque canadienne impériale de commerce. C'était la dernière donnée importante avant la réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed), mardi 8 août, dont le résultat est loin d'être acquis. De nombreux économistes pensent que la Fed ne relèvera pas ses taux, mais sans en être vraiment convaincus.
A la Bourse de Paris, l'indice CAC 40 a flirté tout au long de la semaine avec le seuil de 5 000 points. Il est passé en dessous de ce seuil, mardi, après une forte hausse de l'indice mesurant les prix liés aux dépenses de consommation (PCE) des ménages américains en juin. Mercredi, les bons résultats semestriels de Danone, BNP Paribas et Lafarge ont permis au CAC 40 de refranchir les 5 000 points.
Jeudi, retour du CAC 40 sous ce seuil, après le relèvement surprise des taux directeurs au Royaume-Uni et le resserrement monétaire dans la zone euro. L'action du groupe de conseil en technologies Altran a par ailleurs perdu, ce jour-là, 20,16 % sur la séance, après avoir prévenu que sa marge opérationnelle au premier semestre serait finalement inférieure aux prévisions en raison d'une baisse de l'activité en France.