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dimanche 29 octobre 2006

Bénéfices records des pétroliers américains

Les bénéfices records des pétroliers américains suscitent la polémique
WASHINGTON (AFP)

Une raffinerie d'ExxonMobil à Joliet dans l'Illinois en janvier 2006© AFP/Getty/Archives Scott Olson
Les compagnies pétrolières américaines viennent encore de présenter des bénéfices faramineux, suscitant l'ire de l'opposition démocrate avant les élections parlementaires du 7 novembre.

Le bénéfice de la première compagnie pétrolière américaine ExxonMobil au 3e trimestre a ainsi dépassé celui de toutes les autres grandes entreprises américaines leader dans leur secteur, que cela soit la banque, la technologie ou l'alimentation.

Il a atteint 10,49 milliards de dollars, soit 114 millions par jour, pour un chiffre d'affaires de 99,6 milliards de dollars.

Sur un an, la progression est de 26% grâce notamment à la hausse des prix du pétrole pendant l'été qui a vu le baril d'or noir atteindre des records, dépassant 78 dollars avant de retomber autour des 60 dollars actuellement.

Ces quelque 10 milliards de dollars gagnés entre juillet et septembre représentent plus que les 5,5 milliards engrangés par le numéro un de la banque Citigroup, les 773 millions gagnés par celui de l'internet Google et les 1,5 milliard de bénéfice de Coca-Cola réunis.

La deuxième compagnie pétrolière américaine Chevron a elle gagné sur le trimestre 5 milliards de dollars (+40%) et la troisième, ConocoPhillips, 3,87 milliards de dollars (+1,8%).

Si de tels bénéfices plaisent à Wall Street et aux actionnaires, il font frémir l'opposition démocrate. Elle dénonce les avantages fiscaux consentis aux compagnies pétrolières alors que les prix de l'essence à la pompe sont à des niveaux historiquement élevés aux Etats-Unis (environ 2,20 dollars pour un gallon soit 3,8 litres).

Les dirigeants des compagnies préfèrent citer d'autres raisons à leurs bénéfices records citant, comme le PDG d'ExxonMobil, un meilleur marketing et un secteur chimique plus rentable ou comme celui de Chevron une meilleure rentabilité des raffineries.

"Plus de 10 milliards de bénéfices réalisés pendant ce seul trimestre proviennent des avantages que le +Big Oil+ a reçus pour avoir participé directement à la rédaction de la loi sur l'énergie, profité de programmes payés avec de l'argent public et obtenu le droit d'exploiter commercialement le domaine public", s'est insurgé John Kerry, candidat démocrate malheureux à l'élection présidentielle de 2004.

"Mais peut-on s'en étonner quand Exxon a versé aux républicains 89% de sa contribution au financement des partis politiques?", a-t-il accusé.

Le débat n'est pas neuf et resurgit chaque trimestre. L'été dernier, la sénatrice démocrate Barbara Boxer avait même accusé les compagnies pétrolières de "manipuler l'offre" de pétrole pour faire grimper les prix de l'essence.

Leurs dirigeants invoquent eux, pour expliquer le montant astronomique de leurs bénéfices, les effets d'échelle et soulignent que l'exploitation du pétrole dans des zones de plus en plus difficiles d'accès coûte cher.

Ils rappellent également que la hausse des prix du pétrole provient aussi de la demande accrue de pays comme la Chine et l'Inde.

Hillary Clinton, qui est une candidate démocrate potentielle à l'élection présidentielle de 2008, demande à ce que les avantages fiscaux consentis aux compagnies pétrolières soient supprimés et que l'argent ainsi obtenu soit reversé à un "fonds stratégique" destiné à développer les énergies alternatives.

Chevron se retrouve également la cible d'un mouvement syndical réclamant que compte tenu des bénéfices dégagés, toutes les personnes travaillant pour l'entreprise bénéficient d'une couverture sociale, y compris les femmes de ménages contractuelles qui nettoient ses bureaux à Houston (Texas, sud) et menacent de se mettre en grève.

© AFP Agence France-Presse

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Bolivie: accord avec toutes les compagnies pétrolières étrangères

Bolivie: accord avec toutes les compagnies pétrolières étrangères

LA PAZ (ATS)
La Bolivie est parvenue à un accord avec toutes les entreprises pétrolières étrangères opérant dans le pays, y compris avec les groupes brésilien Petrobras et espagnol Repsol, a annoncé le ministre bolivien des hydrocarbures, Carlos Villegas.

La date butoir était fixée à samedi minuit pour la nationalisation du secteur. "L'accord a été signé avec tous", a déclaré M. Villegas, alors que le président bolivien Evo Morales devait l'annoncer officiellement un peu plus tard.

Petrobras et Repsol sont les principaux acteurs du secteur gazier en Bolivie, pays qui compte des réserves estimées à 1550 milliards de mètres cubes, soit le deuxième bassin de la région derrière le Venezuela. Petrobras avait annoncé peu avant la date butoir avoir signé l'accord avec le gouvernement bolivien prévoyant la poursuite de l'exploitation du gaz en Bolivie.

Elle était la troisième société, après la Française Total et l'Américaine Vintage vendredi, sur la vingtaine d'opérateurs pétroliers présents en Bolivie, à parvenir à un tel accord avec les autorités de La Paz sur leurs nouvelles conditions d'exploitation découlant de la nationalisation des ressources en hydrocarbures décidée en mai par le président Morales.

Les nouveaux accords doivent ratifier le décret de nationalisation prévoyant que les entreprises pétrolières doivent "remettre à Yacimientos Petroliferos Fiscales Bolivianos (YPFB) toute leur production en hydrocarbures", pour laquelle elles seront rémunérées, suivant leurs contrats, pour une valeur comprise entre 18 et 50% des quantités extraites.

YPFB, qui était en sommeil depuis la privatisation du secteur des hydrocarbures en 1997, assumera entièrement la commercialisation du gaz, définissant les volumes et les prix des produits à placer sur le marché intérieur et à l'exportation.

Les nouvelles conditions soumises aux pétroliers étrangers en Bolivie devaient permettre des recettes de l'ordre de 2 milliards de dollars pour le pays, soit l'équivalent de 23% du Produit intérieur brut (PIB), selon les chiffres officiels à La Paz.

© SDA-ATS News Service

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Prix du pétrole à long terme

À LONG TERME, comment pourrons-nous assurer des approvisionnements en énergie à des prix raisonnables ? La conservation des combustibles fossiles et l’exploration de nouvelles sources de pétrole brut sont primordiales. Les prix du pétrole et de l’essence doivent être assez élevés pour amener les consommateurs à économiser les réserves d’énergie et pour stimuler la prospection.

La réglementation des prix de l’essence n’est pas souhaitable. Peut-être stabiliserait-elle les prix, mais elle serait préjudiciable aux consommateurs puisque les détaillants d’essence ne réduiraient probablement pas leurs prix s’ils ne pouvaient les relever sans obtenir l’accord d’un organisme de réglementation. En outre, l’application des règlements coûterait cher. Pour l’heure, seule l’Île-du-Prince-Édouard réglemente les prix à la pompe; rien ne prouve qu’à longue échéance, les prix seront plus bas ni que le secteur du détail sera plus rentable dans cette province. Cependant, advenant une baisse du prix du brut, les prix de l’essence se maintiendront à un niveau plus élevé à l’Île-du-Prince-Édouard que partout ailleurs au Canada, où la chute du prix du pétrole fera sentir ses effets plus rapidement – et inversement si le prix augmente. La stabilisation des prix a un coût.

Même si les prix à la pompe sont plutôt élevés depuis quelques mois, rappelons-nous que l’essence est moins chère au Canada que dans la plupart des pays industrialisés. Chez les détaillants, la concurrence semble opérer. Et si les enquêtes successives ont lavé l’industrie pétrolière de tout blâme, la vigilance du Bureau de la concurrence est un bon garde-fou dans un marché dominé par quatre ou cinq géants.

Il est peu probable que le comportement des prix de l’essence change beaucoup dans les années à venir, quoique l’émergence de la concurrence des postes d’essence à gros débit soit possible. La concurrence de ces nouveaux arrivants obligera les acteurs en place à innover et à accroître leur rentabilité. Quant à l’évolution des prix à la pompe, elle relève du domaine de la conjecture. À long terme, il est probable que le prix du brut se maintiendra, bon an mal an, dans la fourchette cible de l’OPEP, soit entre 22 $US et 28 $US le baril. Cette probabilité a été observée en janvier sur le marché à terme, où les cours du brut provenant de sources éloignées sont nettement inférieurs aux prix sur le marché libre. Il est prévisible que les pays producteurs hors OPEP en viendront à fournir de nouvelles sources d’énergie, et que l’économie mondiale évoluera vers un fonctionnement dans lequel l’apport du pétrole au PNB sera moindre. Ces deux facteurs devraient contribuer à faire baisser le prix de l’essence.

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Essence moins cher au Canada qu'au USA

DEPUIS 1994, compte tenu des taux de change en vigueur, les automobilistes canadiens ont payé l’essence légèrement moins cher (taxes non comprises) que les Américains des États frontaliers. InfoPrix, publication bimensuelle qui suit de près les variations des prix du carburant, a analysé les prix de détail de l’essence dans dix villes canadiennes et cinq villes américaines pendant les quatre semaines terminées le 23 janvier 2001. Selon ces données, le prix canadien moyen de l’essence ordinaire (sans les taxes à la pompe) s’est chiffré à 39,2 cents le litre comparativement à 45,7 cents le litre aux États-Unis. (Selon InfoPrix, la moyenne des douze mois se terminant en janvier 2001 était de 45,64 cents le litre aux États-Unis, comparativement à 41,53 cents le litre au Canada.) Cet écart s’expliquerait entre autres par le rétrécissement des marges brutes de raffinage et de commercialisation au Canada, attribuable à l’augmentation du débit de certains points de vente, elle-même consécutive à la fermeture de petits points de vente non rentables et à l’essor de services auxiliaires lucratifs, les dépanneurs par exemple. Autre raison invoquée : l’émission aux États-Unis de nouvelles normes d’essence reformulée qui ont fait grimper le coût du raffinage et, partant, le prix à la pompe.

Le prix à la pompe moyen est beaucoup plus élevé au Canada qu’aux États-Unis : 69,4 cents le litre contre 62,5 cents, toujours selon InfoPrix. Cet écart est imputable à la taxe canadienne plus élevée, soit 30,2 cents le litre par rapport à 16,8 cents le litre aux États-Unis. En 2000, les taxes et les coûts du pétrole brut au Canada ont représenté, en moyenne, plus de 80 % du prix à la pompe.

Les taxes canadiennes varient d’une province à l’autre. De plus, certaines municipalités perçoivent une taxe sur l’essence : Montréal et Vancouver, par exemple, prélèvent des taxes de 1,5 cent et 4 cents le litre respectivement. La taxe d’accise fédérale sur l’essence est de 10 cents le litre (comparativement à 8,5 cents le litre en 1995); la taxe d’accise provinciale varie de 9 cents le litre en Alberta à 16,5 cents le litre à Terre-Neuve. Les taxes d’accise fédérale et provinciales sont perçues sur le litre plutôt qu’en pourcentage; elles n’augmentent pas – et ne diminuent pas – au gré des variations des prix avant taxes. Aux taxes fixes s’ajoute la TPS de 7 %, un impôt ad valorem, ou en pourcentage, qui croît en termes absolus en période de relèvement des prix. Au Québec, la TVP est perçue sur le prix de vente majoré de la TPS, soit une TPS et une TVQ combinées de 15,025 %. À Terre-Neuve, en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick où la TPS est combinée à la TVP, le taux global se chiffre à 15 %. De toute évidence, les taxes comptent pour une large part des écarts de prix interprovinciaux. De plus, elles expliquent en grande partie pourquoi les prix à la pompe sont plus élevés au Canada qu’aux États-Unis, où les taxes sur le carburant sont moindres. Cela dit, les taxes canadiennes sont inférieures à celles de la plupart des pays industrialisés. Par exemple, elles ne représentent que le tiers des taxes en vigueur dans les grands pays d’Europe de l’Ouest.

Les hausses de prix survenues l’an dernier, en apparence très fortes eu égard aux prix anormalement bas de 1998 et du début de 1999, ont suscité de véhémentes protestations en Europe et un mécontentement plus discret en Amérique du Nord, à la fin de 2000, en raison des allégements fiscaux consentis par certains gouvernements. Au Canada, les manifestations des camionneurs ont eu moins d’ampleur que celles de leurs homologues européens, peut-être parce que les prix du carburant sont beaucoup plus bas dans notre pays. Ici, seule l’Alberta a réduit les taxes sur le carburant, bien que d’autres allégements fiscaux sous forme de réductions du taux d’inclusion des gains en capital et de baisses d’impôt aient été accordés.

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Prix du pétrole au Canada

AU FIL DES ANNÉES, en réaction aux inquiétudes des consommateurs, le Bureau de la concurrence du Canada a enquêté sur le secteur de l’essence afin de déterminer si la concurrence était faussée. Au début de 2000, le Bureau a dévoilé les résultats de trois enquêtes faisant écho à des allégations de gonflement des prix de l’essence en 1999. Ces enquêtes ont exonéré l’industrie pétrolière de tout comportement anticoncurrentiel. Deux allégations visaient des marchés locaux – Kenora (Ont.) et Conception Bay South (T.-N.) –, tandis que la troisième concernait les hausses de prix survenues partout au pays en juillet 1999. Cette troisième enquête a permis de conclure que les hausses de prix avaient été attribuables aux augmentations du prix du brut et que les fournisseurs d’essence avaient pris des décisions indépendantes. Les enquêteurs n’ont recueilli aucune preuve de collusion de la part des fournisseurs au moment où ceux-ci ont relevé leurs prix. Les hausses de juillet 1999, quoique considérables, ont été la résultante des forces normales du marché. Le Conference Board du Canada tire des conclusions analogues dans une nouvelle étude parrainée par le gouvernement fédéral et intitulée « Les cinq derniers pieds de tuyau – L’industrie canadienne de l’essence en 2000 ».

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Prix du pétrole

Les cycles des prix sont en quelque sorte inéluctables dans la plupart des centres urbains du Canada. Les prix de l’essence baissent lentement, puis grimpent; des bonds de quatre ou cinq cents le litre sont fréquents. Pourquoi ? Les fournisseurs d’essence peuvent réaliser des économies d’échelle appréciables en augmentant leur part de marché : les distributeurs d’essence sont déjà installés et le personnel en place est ordinairement suffisant pour servir une clientèle plus nombreuse, sans compter que les clients peuvent s’offrir un lavage de voiture ou faire des achats au dépanneur. Pour attirer des consommateurs d’essence, les stations-service doivent abaisser leurs prix. Le point de vente d’en face veut évidemment conserver sa clientèle – ou sa part de marché – et il réduit aussi ses prix pour être compétitif. L’abaissement et l’alignement des prix se poursuivent jusqu’à ce que les bénéfices soient sérieusement entamés ou que des pertes soient essuyées. Après quoi l’une des grandes pétrolières hausse son prix et les autres lui emboîtent le pas. Tôt ou tard, un détaillant réduit son prix et un nouveau cycle s’amorce.

Bref, dans la plupart des régions du Canada, la vente de l’essence au détail est caractérisée par le synchronisme avec lequel tous les acteurs d’un marché donné changent leurs prix. Mis à part l’instant où les changements de prix sont déclenchés, les prix de l’essence sont quasi identiques dans une région donnée. Qu’en est-il de la concurrence sur le marché ? Il suffit d’avoir des rudiments d’économie pour savoir qu’à un marché unique correspond un prix unique, indépendamment du nombre de vendeurs et de l’influence que chacun exerce sur le prix.

En 2000, les taxes et le coût du pétrole brut au Canada ont représenté, en moyenne, plus de 80 % du prix à la pompe.

La concurrence sur les marchés de l’essence au détail peut s’intensifier du fait de la présence grandissante de chaînes de distribution d’essence à gros débit dans les hypermarchés et dans les magasins à prix réduits, tels Costco et, dans l’Ouest, Safeway. On ignore encore si ces chaînes deviendront assez rentables pour constituer une force sérieuse au Canada, mais elles sont déjà prospères aux États-Unis, en France et en Grande-Bretagne.

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LE PRIX DE GROS de l’essence

LE PRIX DE GROS de l’essence – en d’autres termes, le prix de base de l’essence achetée sur le marché libre ou à terme aux dépôts de distribution – est dicté par ce qui se produit sur les grands marchés comme le port de New York (NYH) et la partie américaine du golfe du Mexique. Comme les automobilistes, les grossistes qui achètent de l’essence tiennent compte du prix dans le choix d’un fournisseur; ils délaisseront leur fournisseur s’ils peuvent obtenir ailleurs un prix plus avantageux. Il en résulte que les prix de gros sont généralement uniformes dans une région donnée. Des écarts de prix interrégionaux sont possibles, mais ceux-ci ne reflètent en général que les coûts de transport. Les prix de gros sont publiés, ou affichés publiquement, quoique les raffineurs accordent souvent aux grossistes des réductions non publiées sur les grosses quantités. Mais, au bout du compte, les acheteurs grossistes ne paieront pas plus que ce qu’ils paieraient pour l’autre solution : le pétrole importé.

Dans la plupart des régions du Canada, les trois producteurs d’essence nationaux intégrés – l’Impériale, Petro-Canada et Shell, les grandes pétrolières – et au moins un grand producteur régional (Irving dans les Maritimes, Ultramar au Québec, Sunoco en Ontario et Chevron en C.-B.) exploitent des points de vente. Il existe en outre des « indépendants », c’est-à-dire des petites sociétés qui vendent de l’essence, mais qui n’en produisent pas. Le Canada compte aujourd’hui 13 500 points de vente, ou stations-service, soit 8 500 de moins qu’en 1989. La consolidation des établissements s’est accompagnée d’une augmentation considérable de leurs ventes moyennes d’essence (ou « débit ») et d’économies substantielles.

Plus de la moitié des points de vente au Canada sont loués à leurs exploitants par les grandes pétrolières ou appartiennent à des indépendants. Dans l’ensemble, ces derniers sont présents dans les plus petits marchés et ils établissent eux-mêmes leurs prix. Dans les centres urbains, la plupart des stations-service appartiennent aux grandes pétrolières. Elles sont exploitées par des agents, mais ce sont les grandes compagnies qui déterminent les prix.

Aujourd’hui, les stations-service offrent de plus en plus de services auxiliaires, par exemple un dépanneur et un lave-auto, qui permettent de dégager une marge bénéficiaire nettement supérieure à celle que rapporte la vente d’essence. Quoi qu’en pense le public, lorsque les pétrolières intégrées déclarent de fortes hausses de leurs bénéfices, comme c’est le cas en période de prix élevés du pétrole brut, cet apport de bénéfices est généralement tiré, non pas de l’élargissement des marges de détail ou de raffinage, mais bien de la production du brut. En fait, les divisions de Raffinage et de Marketing de ces pétrolières intégrées ont déclaré un bénéfice généralement compris entre 0,5 et 1,5 cent le litre.

Les marchés de l’essence locaux qui ne sont pas dominés par un détaillant sont les plus concurrentiels. Les prix de l’essence ont tendance à être plus élevés dans les régions où le transport de l’essence coûte cher ou encore dans celles où le débit est relativement faible. Souvent, ce sont de petites agglomérations rurales où il faut dégager des marges plus substantielles pour compenser les volumes de ventes modestes.

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Pétrole canadien

LE CANADA COMPTE 19 raffineries de pétrole exploitées par 11 sociétés pétrolières. Dans l’Ouest, la plupart des raffineries utilisent du pétrole brut produit au pays même; les raffineries du centre et de l’est du pays, quant à elles, s’approvisionnent en brut canadien et en brut importé. Mais pourquoi donc ces dernières importent-elles du pétrole brut ? Parfois, parce qu’elles sont équipées pour ne raffiner que certains types de brut provenant de étranger. Souvent, il est plus rentable pour les producteurs de l’Ouest d’exporter leur pétrole vers le Midwest américain que de l’expédier dans l’Est du Canada, et pour les raffineries du centre du pays d’importer du pétrole acheminé aux dépôts de la côte est.

Dans l’Ouest canadien, le prix de l’Edmonton Par, un brut léger d’excellente qualité, sert de référence pour toutes les variétés de brut produites dans la région. Leurs prix sont déterminés à un niveau légèrement supérieur ou inférieur à celui de l’Edmonton Par, selon leur qualité comparative. Quant à l’Edmonton Par, son prix est dicté par le prix du West Texas Intermediate vendu à Chicago, car c’est au pétrole commercialisé dans cette région des États-Unis que le brut canadien exporté doit livrer concurrence. Dans l’Est du Canada, le prix du pétrole est fonction de celui du Brent de la mer du Nord.

Divers produits sont issus du raffinage du pétrole brut : essence, carburant diesel, mazout domestique, carburants aviation et asphalte. Leurs prix sont déterminés dans une large mesure par le prix du pétrole brut. Celui-ci n’est cependant pas le seul facteur déterminant : les conditions météorologiques, par exemple, interviennent aussi dans la détermination des prix. Un hiver rigoureux peut épuiser les stocks de mazout domestique et provoquer une hausse du prix de ce produit. Durant l’été 2000, la forte demande d’essence aux États-Unis a donné lieu à une production maximale d’essence et minimale de mazout, tant et si bien que les stocks de mazout dans les États du Nord-Est ont fléchi de 40 % par rapport à 1999. Ce phénomène déclenche alors une remontée du prix du mazout et détourne les réserves de brut vers la production de mazout au détriment de la production d’essence.

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Prix du carburant

Dans la mesure où les prix du brut n’excéderont pas durablement la fourchette proposée par l’OPEP, l’inflation au Canada devrait être faible. En décembre, l’indice des prix à la consommation de base (IPC), qui exclut les aliments et l’énergie, a augmenté au rythme annuel de 1,9 %, alors que l’IPC global a progressé au rythme de 3,2 %, surtout à cause de la remontée des prix du pétrole. Le prix du pétrole a un impact moins fort sur l’inflation au Canada qu’à l’époque du choc pétrolier des années 70. Ce phénomène s’explique en grande partie par la transformation de l’économie industrielle en une économie axée sur les services et sur les technologies de l’information, et par l’apport moins grand du pétrole dans chaque dollar de produit national brut (PNB). De plus, les gains de productivité substantiels ont atténué la nécessité de hausser les prix. Le libre-échange, enfin, a créé un climat plus concurrentiel, propice au nivellement des prix.

Le Canada produit 2,3 millions de barils de pétrole brut par jour, principalement dans les provinces de l’Ouest, et en exporte 1,3 million aux États-Unis. (L’Arabie Saoudite est le principal fournisseur des États-Unis, le Canada et le Mexique alternant au deuxième rang.) Bien que le Canada exporte un volume de pétrole élevé, il en importe environ 800 000 b/j (destinés surtout aux provinces de l’est du pays) de diverses provenances dont la mer du Nord, le Venezuela et l’Arabie Saoudite. Chaque jour au pays, environ 1,6 million de barils sont consommés, et 200 000 b/j sont raffinés, puis exportés.

Le pétrole brut est un produit de base dont le prix de vente, établi en dollars américains, est comparable presque partout dans le monde.

   Les consommateurs sont particulièrement conscients des fluctuations du prix de l’essence.

Le prix de l’essence affiché au dépôt de distribution est dicté par ce qui se produit sur les grands marchés comme le port de New York (NYH) et la partie américaine du golfe du Mexique.

Au Canada, la hausse des prix favorise l’exploration pétrolière qui, elle, stimule les exportations. Comme les cours du pétrole sont cotés en dollars américains, la perspective d’un accroissement des exportations rend actuellement l’exploration très attrayante.

Cependant, même s’il produit beaucoup de pétrole, le Canada n’est pas l’un des principaux pays producteurs; son influence sur le cours mondial est faible, voire nulle. Le Canada est, dans le jargon des économistes, un « vendeur au prix du marché » : il doit accepter les prix établis sur les marchés mondiaux. Si les raffineurs canadiens ne sont pas disposés à payer ces prix ou s’ils ne sont pas en mesure de le faire, ils ne peuvent acheter ni le pétrole étranger ni le pétrole produit sur le marché intérieur.

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LE PRIX DE L'ESSENCE

LE PRIX DE L'ESSENCE ordinaire sans plomb est particulièrement visible. Nul besoin d’entrer dans une station-service pour le voir : il est visible de la rue, à des centaines de mètres à la ronde. Pourquoi ? Parce que le prix et l’emplacement sont les principaux facteurs qui déterminent l’endroit où le consommateur achète son essence. Pour attirer la clientèle, le détaillant doit afficher ses prix.

Le prix de l’essence est soumis à de fréquentes variations très médiatisées. L’attention des médias et la visibilité des prix rendent les consommateurs particulièrement conscients des fluctuations du prix de l’essence.

D’où l’inévitable question : pourquoi le prix de l’essence varie-t-il autant ? Pour y répondre, il faut examiner le mode d’établissement du prix de l’essence et comprendre les divers facteurs qui influent sur le prix à la pompe, à savoir le prix du pétrole brut, le marché du raffinage-distribution, lequel détermine le prix de gros, et le secteur du détail où entrent en action la concurrence et les taxes locales.

Le pétrole brut est un produit de base dont le prix de vente, établi en dollars américains, est comparable presque partout dans le monde, n’étant ajusté qu’en fonction du transport et de la qualité. Le prix du brut est tributaire de l’offre et de la demande. À court terme (oublions l’OPEP pour l’instant), l’offre et la demande de brut sont insensibles aux prix, ou inélastiques. Du côté de l’offre, l’exploitation de nouvelles sources de pétrole brut n’est pas instantanée : le forage et la construction de pipelines prennent du temps. Du côté de la demande, les automobilistes, utilisateurs ultimes du pétrole brut, n’échangent pas rapidement leurs voitures contre des véhicules moins énergivores, et l’évolution de leurs habitudes de conduite est lente. Par exemple, seule une forte hausse du prix de l’essence incitera certains à utiliser les transports en commun. Vu cet élément d’insensibilité, des variations même légères de l’offre et de la demande provoquent de fortes fluctuations des prix. Récemment, l’offre et la demande ont beaucoup varié. L’activité économique mondiale, ainsi que je l’ai mentionné, a stimulé la demande dans un contexte de réduction des approvisionnements pétroliers de l’OPEP.

Si l’OPEP ne fournit qu’environ 40 % des approvisionnements mondiaux de brut (contre 50 % il y a 30 ans), elle demeure néanmoins un acteur influent.

Face aux fortes pressions des pays occidentaux, notamment les États-Unis, et sachant que des prix stratosphériques sont générateurs d’inflation et, au bout du compte, de récession mondiale, l’OPEP a déterminé une fourchette de prix variant de 22 $ à 28 $US le baril pour sa gamme de sept catégories de pétrole brut. (Comme cette gamme contient certains pétroles bruts de moindre qualité, son prix est inférieur aux cours officiels des bruts légers, tels que le West Texas Intermediate et le Brent de la mer du Nord.) Si le prix du baril se maintient au-dessus des 28 $US ou glisse sous les 22 $US, l’OPEP envisage d’ajuster à la hausse ou à la baisse sa production. L’an dernier, conformément à cette stratégie, l’OPEP a relevé à quatre reprises sa production, soit une hausse totale d’environ 3,7 millions de barils par jour.

La flambée des prix en 2000 a aussi été alimentée par la crainte qu’un hiver rigoureux aux États-Unis n’entraîne un épuisement des réserves de mazout domestique. De plus, l’Iraq a réduit sa production en raison de l’embargo de l’ONU. Et enfin, les tensions israélo-palestiniennes ont généralement déstabilisé les approvisionnements en provenance du Moyen-Orient.

Bien sûr, ce n’est pas la première fois que la conjoncture politique au Moyen-Orient, où sont concentrés les États membres de l’OPEP, a des retombées sur les prix du pétrole. La guerre de Kippur, en 1973, avait déclenché une crise au cours de laquelle le prix du baril (corrigé de l’inflation) avait frisé les 45 $US. Pendant la révolution iranienne de 1979, les prix ont été propulsés à quelque 90 $US le baril. En 1991, en pleine guerre du Golfe, ils ont avoisiné les 50 $US le baril. L’éclatement d’un conflit au Moyen-Orient, ou même son éventualité, précarise les approvisionnements de brut, relançant au moins temporairement la spirale des prix.

En réaction au repli rapide de la croissance économique américaine au quatrième trimestre de 2000 et à l’approche du printemps dans l’hémisphère nord, l’OPEP a annoncé qu’elle réduisait sa production de brut de 1,5 million de barils par jour (5,6 %) le 1er février. Les dix pays membres de l’OPEP, à l’exception de l’Iraq, craignaient que sans une intervention, les prix de la gamme des bruts ne dégringolent sous la fourchette cible. Les « durs » ont réclamé une baisse encore plus forte, mais l’Arabie Saoudite, qui fournit environ le tiers de la production de l’OPEP, les a convaincus de faire preuve de patience. De plus, l’OPEP voyait poindre à l’horizon une reprise des exportations de l’Iraq au niveau autorisé par l’ONU (environ deux millions de barils par jour, comparativement aux 500 000 b/j que ce pays expédiait à la fin de 2000 à cause d’un différend d’ordre tarifaire avec l’ONU). Avant l’annonce de l’OPEP, le prix du West Texas Intermediate se situait sous les 26 $US le baril. Après l’annonce, il est remonté à près de 32 $US le baril. Les membres de l’OPEP se réuniront de nouveau à la mi-mars et décréteront vraisemblablement une nouvelle baisse de la production.

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Comment s’établit le prix de l’essence ?

Comment s’établit le prix de l’essence ?

Bernard M. Wolf, professeur d’économie et titulaire de la chaire Pierre Lassonde de commerce international à la Schulich School of Business de l’Université York, nous entretient des nombreux facteurs qui déterminent le prix de l’essence.

EN DÉCEMBRE 1998, l’abondance de pétrole fit chuter le prix du brut sous les 11 $ le baril, son niveau le plus bas depuis 1986. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) – Arabie Saoudite, Iran, Koweit, Émirats arabes unis, Venezuela, Qatar, Iraq, Algérie, Libye, Nigeria, Indonésie – et d’autres pays producteurs hors OPEP décidèrent que, pour hausser le prix, il fallait réduire la production. Parallèlement, la demande de pétrole augmentait parce qu’il y avait reprise économique dans presque tous les pays d’Asie (sauf le Japon), relance de la croissance en Europe et en Amérique latine, et vigueur économique soutenue aux États-Unis. Résultat : les stocks de pétrole baissèrent. Le repli de l’offre et la progression de la demande donnèrent lieu à un relèvement des cours du brut, qui atteignirent bientôt un sommet inégalé en dix ans.

L’escalade des prix du pétrole brut s’est répercutée sur les prix mondiaux de l’essence et des autres produits dérivés. La situation a été aggravée par une tendance dont Alan Greenspan, président de la Réserve fédérale américaine, a fait mention dans un discours prononcé en octobre dernier à Washington. « Au fil des ans, a-t-il déclaré, l’innovation et la consolidation ont nettement réduit les stocks d’exploitation de pétrole brut et de produits nécessaires pour répondre à un niveau donné de la demande. » En clair, il y a moins de réserves disponibles que dans le passé lorsque la demande augmente ou que l’offre diminue. Tout comme la production « juste-à-temps » dans l’industrie manufacturière (qui préconise l’acquisition des matières premières au fur et à mesure des besoins au lieu de leur entreposage), cette méthode permet d’abaisser les coûts de stockage. Cependant, si les approvisionnements sont perturbés, l’impact sur la disponibilité du produit et sur les prix peut être énorme. Ce phénomène s’est produit en 2000 : le prix du baril du pétrole brut s’est hissé à quelque 36 $US. La hausse s’est alors répercutée sur les prix des produits dérivés.

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vendredi 27 octobre 2006

Bondyblog, un autre journalisme pour raconter la banlieue et l'élection

    

Bondyblog, un autre journalisme pour raconter la banlieue et l'élection
BONDY (AFP)

Le rédacteur en chef du Bondy Blog, Mohamed Hamidi (d), lors d'une conférence de rédaction, le 24 octobre 2006 à Bondy© AFP Olivier Laban-Mattei
Ils sont huit jeunes âgés de 19 à 26 ans, des journalistes bénévoles qui racontent de l'intérieur la banlieue sur le "Bondyblog" avant tant d'originalité que Yahoo leur a demandé de couvrir l'élection présidentielle.

- "Dans le lycée où je travaille, une assoc est venue pour parler de l'homosexualité (...) ils ont montré une vidéo où un mec disait 'je suis musulman homosexuel et je suis fier'. Ca a fait un tollé !".

- "Il faut que tu racontes ça !"

La conférence de rédaction du "Bondyblog", (bondyblog.fr) créé par des journalistes suisses du magazine l'Hebdo, venus couvrir les émeutes de novembre 2005 et tenu depuis mars par ces jeunes encadrés par trois tuteurs, commence. Il est 19h30 dans une salle de la Maison des quartiers de Bondy, en Seine-Saint-Denis, département où les émeutes ont démarré.

Autour de la table, il y a notamment le rédacteur en chef Mohamed Hamidi, professeur d'économie et gestion, et des "bloggeurs": Chou Sin, qui propose le sujet sur l'homosexualité, Soraya Messaoudi, Hanane Kaddour, Idir Hocini, Kamel el-Houari, Sada Fofana... formés notamment par des journalistes de l'Hebdo et un collaborateur du New York Times.

Ils sont étudiants, assistant d'éducation ou chômeur, enfants de l'immigration, "de la banlieue".

Les idées et les rires fusent. On débat. Sada Fofana, étudiante en prépa de 19 ans, s'insurge contre "l'anniversaire" des émeutes. Chou estime que si les violences reprennent, cela sera "à cause des médias".

Ils tombent d'accord sur une couverture éthique: les médias peuvent faire état d'un "bus brûlé", mais pas le localiser, pour éviter la surenchère.

Kamel explique qu'il veut aller à Saint-Germain-des-Prés raconter les cafés chics, avec son regard. "Il paraît que si tu viens à 7h30, c'est un autre monde".

Sur le blog cette semaine, Soraya a écrit que la dernière librairie de Bondy vient de fermer: "En banlieue, au lieu de mettre quatre euros dans un livre, on préfère s'acheter un grec", dit son article.

On peut aussi y lire cette lettre d'une nouvelle enseignante de ZEP: "Autant dire que la première semaine a été très difficile, une grosse claque en pleine figure (...)".

Les commentaires de lecteurs sont nombreux. La liberté de ton domine.

Le moteur de recherche Yahoo, dont la page Actualités en français est lue par 300 à 700.000 personnes quotidiennement, en quête d'une couverture originale de la présidentielle, a choisi de s'associer au Bondyblog.

"Ils ont une vision qui va au-delà de suivre des policiers lors des descentes (...) C'est du témoignage brut, on est branchés en direct sur la réalité", explique à l'AFP Julien Laroche-Joubert, directeur des actualités en Europe.

Dans les semaines qui viennent, le site va recruter des correspondants dans 15 lycées classés ZEP et conventionnés Sciences-Po, partout en France. Ils seront formés par Alain Rebetez, un des journalistes suisses à l'origine du blog.

Les bondybloggeurs, eux, savent ce qui les différencie des journalistes "traditionnels": "on est tous les jours sur le terrain", dit Soraya. "Je raconte ma vie", renchérit Idir.

© AFP Agence France-Presse

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Noos: un plan social de 792 suppressions de postes validé par le CE

    

Noos: un plan social de 792 suppressions de postes validé par le CE
PARIS (AFP)

Logo du câblo-operateur Noos© AFP/Archives
Un projet industriel du câblo-opérateur Noos conduisant à la suppression de 792 postes a été validé "à l'unanimité des élus" du Comité d'entreprise (CE) après "vingt heures de négociations" avec la direction, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

"Le Comité d'entreprise a validé, à l'unanimité des élus (CFTC, CFDT et CFE-CGC, ndlr), le projet industriel après vingt heures de négociations avec la direction qui ont conduit à sauver 40 emplois et à l'amélioration des mesures d'accompagnement de ce plan", a déclaré Jean Bertout, délégué syndical central FO jeudi.

La direction de Noos avait annoncé le 6 septembre un projet industriel conduisant à la suppression de 832 postes sur les 1.341 personnes employées par la société.

Elle a confirmé jeudi à l'AFP que 40 postes avaient finalement été "sauvés", confirmant implicitement le chiffre final de 792 suppressions.

Jeudi, en fin de journée, M. Bertout a toutefois précisé à l'AFP que les 40 postes annoncés comme sauvés par la direction ne se retrouvaient pas dans le comptage final site par site, effectué par le syndicat, "qui aboutit à seulement 24 postes sauvés".

Selon lui, au total 23 sites de Noos sur 75 seront fermés, le plus touché étant le "call center" (centre d'appel) de Champ-sur-Marne, où sont prévues 309 suppressions de postes.

"Le siège social de Noos à Bercy disparaîtra le 31 décembre et sur 580 postes, 420 y seront supprimés, les salariés restant étant transférés à Champ-sur-marne", a indiqué M. Bertout. Enfin, "le centre de supervision de Palaiseau sera fermé et 80 personnes sont concernées".

Dans un communiqué, la direction indique qu'après "plusieurs semaines de dialogue (...), les négociations viennent de se conclure avec l'avis rendu par le Comité d'entreprise sur le projet de réorganisation de la société".

Cette "nouvelle organisation vise à donner à l'activité de la société les moyens de lutter sur le marché très concurrentiel de la télévision payante, de l'internet et du téléphone", ajoute-t-elle, précisant qu'une "attention toute particulière est portée à l'amélioration de la qualité de service aux clients".

Le Comité d'entreprise de Noos avait été convoqué mercredi matin. Sa réunion, qui a duré toute la nuit et s'est terminée jeudi vers 5h00 a été émaillée de suspensions, notamment pour négocier des améliorations des mesures d'accompagnement du plan, selon FO et la CGT.

"Des mesures ont été octroyées par la direction en ce qui concerne le budget formation et les bas salaires", a précisé M. Bertout (FO).

La CGT, présente lors de la réunion, mais qui n'a pas d'élu au CE, a dénoncé dans une déclaration solennelle "un projet de licenciements collectifs qui, en réalité, touchera un millier d'emplois et est dépourvu de tout motif économique réel et sérieux".

Noos a fusionné en 2005 avec le câblo-opérateur UPC. En juin 2006, les groupes Altice et Cinven, propriétaires d'un autre câblo-opérateur, Numéricâble, ont racheté Noos.

Selon M. Bertout, "des rumeurs insistantes font déjà état de négociations avec Free, Neuf cegetel et Telecom italia pour racheter le nouvel ensemble".

© AFP Agence France-Presse

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Deux ans de prison avec sursis pour Xavier Niel

    

Deux ans de prison avec sursis pour Xavier Niel, l'un des pionniers du web en France
PARIS (AFP)

Xavier Niel, fondateur de la société Iliad, maison-mère du fournisseur d'accès internet Free, le 11 septembre 2006 à Paris© AFP/Archives Mehdi Fedouach
Xavier Niel, pionnier de l'internet en France, fondateur d'Iliad, a été condamné vendredi à 2 ans d'emprisonnement avec sursis et 250.000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Paris pour recel d'abus de biens sociaux dans une affaire liée à des faits de proxénétisme.

Interrogé par l'AFP à l'issue du délibéré rendu par la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris, M. Niel n'a fait aucun commentaire.

Actuellement vice-président du conseil d'administration et directeur général délégué à la stratégie d'Iliad, maison-mère du fournisseur d'accès à internet Free, M. Niel, 39 ans, avait été renvoyé en correctionnelle car la justice le soupçonnait d'avoir empoché près de 5.000 euros par mois en espèces sur les recettes d'un des sex-shops dans lesquels il avait investi.

Au total, la somme qu'il aurait ainsi accumulée sur trois ans avoisinerait 200.000 euros, selon l'estimation qu'il a lui-même donnée dans une interview au Monde.

D'abord mis en examen pour "proxénétisme aggravé" et incarcéré pendant un mois, M. Niel avait finalement été lavé de cette accusation par un non-lieu rendu le 30 août 2005 par le juge d'instruction Renaud Van Ruymbeke.

Seul le délit de recel d'abus de biens sociaux avait été retenu contre lui.

© AFP Agence France-Presse

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La Fnac n'est pas en vente

La Fnac "n'est pas en vente", selon son président Denis Olivennes
PARIS (AFP)

Photo d'un magasin Fnac prise le 27 septembre 2006 à Paris© AFP/Archives Fred Dufour
Le président de la Fnac (groupe PPR), Denis Olivennes, affirme que l'enseigne de distribution de produits culturels, qui a fait l'objet récemment de rumeurs de cession, "n'est pas en vente", dans une interview au Figaro vendredi.

"La Fnac n'est pas en vente. Il n'y a aucun dossier de cession. Les banques, dont on a dit qu'elles étaient chargées de l'opération, ont démenti", déclare M. Olivennes.

Le président de la Fnac, qui a présenté jeudi aux cadres de l'entreprise son plan stratégique "100% clients" pour 2007-2010, explique que celui-ci vise d'abord à "accélérer la croissance rentable en ouvrant de nouveaux magasins (cinq par an en France, huit à dix à l'étranger) et en gagnant des parts de marché".

L'objectif est d'atteindre un taux de rentabilité de 5%, et une hausse du chiffre d'affaires de 10% par an, précise Le Figaro.

Par ailleurs, la Fnac compte lancer "de nouveaux services (formation, assistance pour les produits numériques) qui pourraient représenter 70 à 90 millions de chiffre d'affaires", et l'enseigne doit se centrer "sur ses clients", poursuit M. Olivennes.

Concernant la grève qui s'est déroulée jeudi à la Fnac à l'appel des syndicats CGT, FO, Sud, CNT et CFDT Paris, M. Olivennes affirme que "depuis trois ans, il y a eu beaucoup d'appels à la grève mais ils n'ont jamais été suivis".

"Je ne désespère pas de construire un vrai partenariat social avec ceux qui le souhaitent", ajoute-t-il.

Alors que les syndicats dénoncent un "plan social déguisé" visant à supprimer "1.000 emplois, dont la moitié de disquaires", M. Olivennes affirme que "dans les trois ans, il y a 1.000 disquaires, vendeurs de travaux photos ou administratifs qui devront se reconvertir".

"Il y a 3.000 postes pour accueillir ceux qui doivent changer de métier: 1.000 dans les nouveaux magasins ou sur la vente de produits techniques et 2.000 libérés par le turnover naturel", ajoute-t-il.

© AFP Agence France-Presse

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