dimanche 29 octobre 2006
Bénéfices records des pétroliers américains
Par bourse cours pétrole credit news, dimanche 29 octobre 2006 à 09:27 :: Cours du pétrole-carburant
Les bénéfices records des pétroliers américains suscitent la polémique
WASHINGTON (AFP)
Une raffinerie d'ExxonMobil à Joliet dans l'Illinois en janvier 2006© AFP/Getty/Archives Scott Olson
Les compagnies pétrolières américaines viennent encore de présenter des bénéfices faramineux, suscitant l'ire de l'opposition démocrate avant les élections parlementaires du 7 novembre.
Le bénéfice de la première compagnie pétrolière américaine ExxonMobil au 3e trimestre a ainsi dépassé celui de toutes les autres grandes entreprises américaines leader dans leur secteur, que cela soit la banque, la technologie ou l'alimentation.
Il a atteint 10,49 milliards de dollars, soit 114 millions par jour, pour un chiffre d'affaires de 99,6 milliards de dollars.
Sur un an, la progression est de 26% grâce notamment à la hausse des prix du pétrole pendant l'été qui a vu le baril d'or noir atteindre des records, dépassant 78 dollars avant de retomber autour des 60 dollars actuellement.
Ces quelque 10 milliards de dollars gagnés entre juillet et septembre représentent plus que les 5,5 milliards engrangés par le numéro un de la banque Citigroup, les 773 millions gagnés par celui de l'internet Google et les 1,5 milliard de bénéfice de Coca-Cola réunis.
La deuxième compagnie pétrolière américaine Chevron a elle gagné sur le trimestre 5 milliards de dollars (+40%) et la troisième, ConocoPhillips, 3,87 milliards de dollars (+1,8%).
Si de tels bénéfices plaisent à Wall Street et aux actionnaires, il font frémir l'opposition démocrate. Elle dénonce les avantages fiscaux consentis aux compagnies pétrolières alors que les prix de l'essence à la pompe sont à des niveaux historiquement élevés aux Etats-Unis (environ 2,20 dollars pour un gallon soit 3,8 litres).
Les dirigeants des compagnies préfèrent citer d'autres raisons à leurs bénéfices records citant, comme le PDG d'ExxonMobil, un meilleur marketing et un secteur chimique plus rentable ou comme celui de Chevron une meilleure rentabilité des raffineries.
"Plus de 10 milliards de bénéfices réalisés pendant ce seul trimestre proviennent des avantages que le +Big Oil+ a reçus pour avoir participé directement à la rédaction de la loi sur l'énergie, profité de programmes payés avec de l'argent public et obtenu le droit d'exploiter commercialement le domaine public", s'est insurgé John Kerry, candidat démocrate malheureux à l'élection présidentielle de 2004.
"Mais peut-on s'en étonner quand Exxon a versé aux républicains 89% de sa contribution au financement des partis politiques?", a-t-il accusé.
Le débat n'est pas neuf et resurgit chaque trimestre. L'été dernier, la sénatrice démocrate Barbara Boxer avait même accusé les compagnies pétrolières de "manipuler l'offre" de pétrole pour faire grimper les prix de l'essence.
Leurs dirigeants invoquent eux, pour expliquer le montant astronomique de leurs bénéfices, les effets d'échelle et soulignent que l'exploitation du pétrole dans des zones de plus en plus difficiles d'accès coûte cher.
Ils rappellent également que la hausse des prix du pétrole provient aussi de la demande accrue de pays comme la Chine et l'Inde.
Hillary Clinton, qui est une candidate démocrate potentielle à l'élection présidentielle de 2008, demande à ce que les avantages fiscaux consentis aux compagnies pétrolières soient supprimés et que l'argent ainsi obtenu soit reversé à un "fonds stratégique" destiné à développer les énergies alternatives.
Chevron se retrouve également la cible d'un mouvement syndical réclamant que compte tenu des bénéfices dégagés, toutes les personnes travaillant pour l'entreprise bénéficient d'une couverture sociale, y compris les femmes de ménages contractuelles qui nettoient ses bureaux à Houston (Texas, sud) et menacent de se mettre en grève.
© AFP Agence France-Presse
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Aujourd’hui,
les stations-service offrent de plus en plus de services auxiliaires,
par exemple un dépanneur et un lave-auto, qui permettent de dégager une
marge bénéficiaire nettement supérieure à celle que rapporte la vente
d’essence. Quoi qu’en pense le public, lorsque les pétrolières
intégrées déclarent de fortes hausses de leurs bénéfices, comme c’est
le cas en période de prix élevés du pétrole brut, cet apport de
bénéfices est généralement tiré, non pas de l’élargissement des marges
de détail ou de raffinage, mais bien de la production du brut. En fait,
les divisions de Raffinage et de Marketing de ces pétrolières intégrées
ont déclaré un bénéfice généralement compris entre 0,5 et 1,5 cent le
litre.
Divers
produits sont issus du raffinage du pétrole brut : essence, carburant
diesel, mazout domestique, carburants aviation et asphalte. Leurs prix
sont déterminés dans une large mesure par le prix du pétrole brut.
Celui-ci n’est cependant pas le seul facteur déterminant : les
conditions météorologiques, par exemple, interviennent aussi dans la
détermination des prix. Un hiver rigoureux peut épuiser les stocks de
mazout domestique et provoquer une hausse du prix de ce produit. Durant
l’été 2000, la forte demande d’essence aux États-Unis a donné lieu à
une production maximale d’essence et minimale de mazout, tant et si
bien que les stocks de mazout dans les États du Nord-Est ont fléchi de
40 % par rapport à 1999. Ce phénomène déclenche alors une remontée du
prix du mazout et détourne les réserves de brut vers la production de
mazout au détriment de la production d’essence.


Le
pétrole brut est un produit de base dont le prix de vente, établi en
dollars américains, est comparable presque partout dans le monde,
n’étant ajusté qu’en fonction du transport et de la qualité. Le prix du
brut est tributaire de l’offre et de la demande. À court terme
(oublions l’OPEP pour l’instant), l’offre et la demande de brut sont
insensibles aux prix, ou inélastiques. Du côté de l’offre,
l’exploitation de nouvelles sources de pétrole brut n’est pas
instantanée : le forage et la construction de pipelines prennent du
temps. Du côté de la demande, les automobilistes, utilisateurs ultimes
du pétrole brut, n’échangent pas rapidement leurs voitures contre des
véhicules moins énergivores, et l’évolution de leurs habitudes de
conduite est lente. Par exemple, seule une forte hausse du prix de
l’essence incitera certains à utiliser les transports en commun. Vu cet
élément d’insensibilité, des variations même légères de l’offre et de
la demande provoquent de fortes fluctuations des prix. Récemment,
l’offre et la demande ont beaucoup varié. L’activité économique
mondiale, ainsi que je l’ai mentionné, a stimulé la demande dans un
contexte de réduction des approvisionnements pétroliers de l’OPEP.