jeudi 19 octobre 2006
Interview trader
Par bourse cours pétrole credit news, jeudi 19 octobre 2006 à 17:03 :: Day Trading
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Edouard Valys Editions : Qu’est-ce qui vous attire le plus dans le trading ?
Olivier Seban : Le challenge intellectuel est terriblement excitant. De même au niveau psychologique, le trading soulève un certain nombre de questions très intéressantes. Sur le plan financier, mon patrimoine me permet d’être à l’abri de beaucoup de contraintes de la vie quotidienne, ce qui allège considérablement mes interrogations matérielles et la pression psychologique du trading. Mais ce n’est pas pour autant que je ne la subis pas.
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Edouard Valys Editions : : Parmi les différentes écoles d’analyse des marchés, quelles sont celles qui ont votre préférence ?
Olivier Seban Mon trading est essentiellement basé sur la reconnaissance de modèles de prix spécifiques qui se sont répétés par le passé avec un certain taux de réussite. Ainsi dès que je me retrouve dans les mêmes conditions je peux plus facilement évaluer mon % de succès. Je fais également intervenir des paramètres en fonction des heures de cotations, car un modèle de prix n’aura pas la même signification s’il apparaît à la clôture du marché ou à l’ouverture. Pour exemple, prenons une configuration bien connue des traders : le breakout. Si l’entrée se fait 30 minutes après l’ouverture du marché, la transaction a un potentiel de gain plus élevé puisqu’il reste pratiquement toute la journée pour que le mouvement engagé se développe. Alors que si l’entrée se fait 15 minutes avant la clôture, les gains se trouveront obligatoirement et temporellement limités.
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Edouard Valys Editions : Vous avez mentionné le contrat S&P 500 comme étant votre support favori. Quel historique utilisez-vous pour réaliser vos tests ?
Olivier Seban : Je me concentre en réalité sur le mini S&P 500. L’historique utilisé couvre la totalité de l’existence du contrat mini SP500, soit depuis Septembre 1997. Pour faire ces tests, j’utilise TradeStation qui est certainement la plateforme la plus puissante que je connaisse pour faire ce type d’opérations. De plus son prix est relativement modeste, puisque pour 100 dollars par mois n’importe qui peut avoir accès à cette plateforme exceptionnelle qui vous permet d’avoir un flux en temps réel de qualité professionnelle, un langage de programmation et une plateforme de passage d’ordre qui permettent d’automatiser complètement le processus du passage des ordres sans avoir à intervenir manuellement. En dehors du S&P 500, je regarde également le Nasdaq et le CAC 40. Même si je possède des techniques pour ces supports, je ne les pratique pas ou plus. Par exemple je ne trade plus le CAC car je ne peux pas automatiser mes ordres sur TradeStation (ce qui devrait changer dans les mois à venir). En ce qui concerne le NASDAQ, même si c’est un indice très médiatisé, c’est loin d’être le plus liquide et le plus intéressant à pratiquer.
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Edouard Valys Editions : Quel piège vous paraît-il essentiel à mentionner aux lecteurs ?
Olivier Seban Il me semble très important de ne pas se focaliser sur une seule technique. En exploitant plusieurs types d’évènements sur les prix, à travers différentes échelles de temps ou en mixant différentes philosophies, les périodes de progression négative du capital (drawdown) se réduisent. Tout comme certains recommandent de diversifier les portefeuilles, les traders ne doivent pas hésiter également à répartir leur risque sur un panier de techniques complémentaires. Je pourrais ainsi vous citer une technique exploitant les gaps, dont le taux de réussite est très élevé (80% sur les vingt dernières années) et qui donnent d’excellents résultats, suffisamment bons pour avoir la tentation de ne suivre que celle-ci. Le principe consiste à acheter sur les gaps, dans certaines conditions, et à ressortir au bout d’une ou deux séances. Seulement voilà, la veille des attentats du 11 septembre 2001, celle-ci est passée acheteuse et a subi la plus grosse perte de son histoire. Donc en utilisant uniquement cette technique vous auriez subi, vous et votre capital, votre part de catastrophe !!! Alors qu’en basant votre trading sur plusieurs techniques complémentaires, mettons 4, et en répartissant votre capital équitablement, votre risque aurait été diminué d’autant. Peu importe que les tests sur le passé montrent des gains étourdissants, il faut savoir résister à la tentation et se diversifier.
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Edouard Valys Editions : Pourquoi avez-vous choisi le trading systématique au détriment du discrétionnaire ?
Olivier Seban : Je n’ai pas la prétention de dire que le trading systématique est le meilleur des tradings et le seul qui fonctionne, mais il présente de nombreux atouts. Etant donné que les techniques de trading systématique sont parfaitement binaires, les prises de décision sont simplifiées et ne génèrent aucune interprétation subjective. C’est noir ou blanc, jamais gris…!!! La conséquence directe c’est qu’il peut être enseigné à n’importe qui et relativement facilement, contrairement au trading discrétionnaire qui est très fortement lié au talent et à l’expérience subjective du trader, ce qui rend la reproduction des techniques beaucoup plus aléatoire puisque vous n’êtes pas dans la tête du formateur. Maintenant, pourquoi le trading systématique ? Tout simplement parce que je ne suis pas capable d’être performant tous les jours… !!! De plus, faire du discrétionnaire me couperait de la possibilité de passer mes ordres en automatique. Rendez-vous compte : je suis en train de vous parler pour cette interview à Paris, pendant que ma plateforme TradeStation est en Espagne en train de gérer mon compte à partir des règles d’achat et de vente que je lui ai indiquées… !!!
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Edouard Valys Editions : Dans le trading, le meilleur, les gains, côtoie le pire, les pertes… Quel regard portez-vous sur cette notion capitale qu’est le drawdown ?
Olivier Seban : Pour préciser cette notion, le DrawDown est une période négative de la progression de votre capital. Il est impossible de dire combien de temps celle-ci peut durer, mais en revanche les différents tests effectués pour valider une technique vous permettent d’évaluer le Drawdown, mais sans pour autant vous garantir qu’il n’augmentera pas dans l’avenir. Ceci étant dit, le DrawDown est un élément que vous devez prendre en compte dans l’évolution et l’application d’un système, car il vous permet d’avoir une idée de la souffrance que vous pourriez être amené à subir. Pour l’anecdote, à l’heure où je vous parle (fin mai 04) nous sommes en pleine période de DrawDown. Un compartiment de mon portefeuille dédié à l’un des systèmes que j’utilise est passé de 15.000 dollars, au début de l’année, à 30.000 dollars fin Avril pour se retrouver à 21.500$ fin Mai, soit une descente de 8500$ (gloups…). Il faut aussi comprendre que le DrawDown linéaire n’a pas été de 30% mais de la moitié car en fait je n’étais pas engagé sur le même nombre de contrats entre Janvier et Mai. Ensuite la (dis)proportion des pertes et cette progression du capital sont essentiellement dues à l’effet de montagnes russes lié à l’utilisation des contrats futures. Dans tous les cas, la perte est une partie inhérente de cette activité. Il faut l’accepter sinon vous ne gagnerez jamais.
Une chose également importante, est la provenance du Drawdown, à savoir s’il est lié à un évènement exceptionnel ou s’il est « normal ». Dans le cas du 11 septembre 2001, un de mes systèmes (déjà évoqué plus haut) a enregistré son plus important Drawdown historique, tout simplement parce que les avions sont tombés sur les tours avant l’ouverture des marchés et que ceux-ci n’ont ré-ouverts qu’une semaine plus tard accompagnés d’un gap baissier. Alors que si les avions étaient tombés sur les tours pendant les cotations de la journée, le marché serait parti à la baisse, mais vous vous seriez fait sortir par vos stops de protection, coupant ainsi vos pertes et limitant le DrawDown. Je n’accorde donc pas la même importance à un Drawdown survenu dans de telles conditions.
En ce qui concerne la façon de gérer le Drawdown et son impact sur votre capital, la meilleure des gestions est d’avoir un Money Management solide et de répartir son risque en ne misant pas tout sur la même technique. C’est le thème central de mon prochain livre.
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Edouard Valys Editions : Après la notion de drawdown, abordons celle du taux de réussite.
Olivier Seban : Ce critère est purement psychologique. Plus le taux de réussite des opérations d’une stratégie est élevé et plus l’être humain est confortable psychologiquement dans son trading. Cependant, un taux de réussite élevé ne signifie nullement des gains maximums. Gagner souvent ne veut pas dire gagner beaucoup. Quoiqu’il en soit, il n’y a pas à mes yeux de bons ou mauvais taux de réussite. Seule la performance compte. Mais si un système fait apparaître un pourcentage de réussite supérieur à 70% sur une période suffisamment significative et que le Profit factor est supérieur à 3 (3$ gagnés pour 1 de perdu), alors je fonce.
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Edouard Valys Editions : Combien exploitez-vous de systèmes de trading dans vos opérations ?
Olivier Seban : Actuellement, j’ai cinq systèmes réunis en un seul composite pour l’intra day et deux en format quotidien. En fonction de mes recherches je vais rajouter d’autres techniques à mes systèmes composites. J’ai commencé à les exploiter en Septembre 2002. Bien sûr ils ont évolué depuis le début, mais les bases restent identiques. Ces systèmes composites ont généré environ une centaine de transactions sur l’année passée.
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Edouard Valys Editions : Quels sont vos plus mauvais souvenirs de trading ?
Olivier Seban : Avant d’habiter l’Espagne, je résidais en Australie. Avec le décalage horaire, les marchés américains ouvraient de 23h30 à 6h00 le matin, il faut noter qu’à l’époque, la fonction d’automatisation de TradeStation n’était pas disponible. J’utilisais un système de trading (que j’utilise encore) spécialisé sur les deux dernières heures du marché. Je devais donc me lever à 4 heures du matin tous les jours. N’étant pas toujours très bien réveillé, j’ai connu de mauvais moments. En l’occurrence, il m’est arrivé de passer pendant une semaine entière tous mes ordres à l’envers… !!! Je me trompais tout simplement de sens : si j’avais un signal d’achat, je vendais et vice versa. Et lorsque je perdais à cause de ces erreurs de transmission, je rentrais dans des colères noires (à 4h00 du matin, vous imaginez la scène…!!!). Ensuite et heureusement, grâce à TradeStation et à l’exécution automatique des ordres, je ne fus plus confronté à ce type de problèmes.
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Edouard Valys Editions : Et quels sont vos meilleurs souvenirs ?
Olivier Seban : Pour l’anecdote qui suit, je ne sais pas si je peux réellement parler de meilleur souvenir. Jugez par vous-même. Au moment du 11 septembre 2001, j’étais (hélas) vendeur à découvert de huit actions. A l’ouverture des marchés, une semaine plus tard, le plus petit gain était de 15% tandis que le plus gros atteignait 50%. Je pourrais citer une autre opération tout aussi marquante. C’était lors de mon dernier séminaire. Selon une stratégie que je suis, j’avais acheté des penny stocks (actions qui cotent en dessous d’un dollar), dont une, DFCT, a pris 123% dans la journée en direct devant tous les participants. Une chance inouïe ! Et tout s’est déroulé sous leurs yeux. Je ne pouvais rêver meilleure publicité pour moi qui vend des formations sur l’art de gagner en bourse…
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