USA: le scénario d'un atterrissage en douceur de l'économie se confirme
WASHINGTON (AFP)
 Des consommateurs dans un magasin de jouets à New York© AFP/Archives Don Emmert
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Le scénario d'un atterrissage en douceur de la
croissance américaine semblait se confirmer mercredi avec une inflation
modérée, un ralentissement industriel et un affaiblissement de
l'immobilier qui devraient conforter la banque centrale dans le statu
quo monétaire.
Les prix à la consommation ont progressé de 0,4%
en juillet par rapport à juin, et l'indice de base, qui est le plus
suivi par les analystes parce qu'il exclut les éléments très volatils
que sont l'énergie et l'alimentation, a augmenté de 0,2% seulement.
C'est la première fois que l'indice de base ralentit en cinq mois et cette nouvelle a réjoui les analystes.
Ils
y ont vu un signe de modération de l'inflation allant dans le sens du
recul de 0,3% des prix de gros, hors alimentation et énergie, annoncé
la veille.
"Le ralentissement des prix à la consommation et
la baisse des prix de gros valident la décision récente de la Réserve
fédérale de laisser ses taux directeurs inchangés", a estimé Stephen
Gallagher de la Société Générale.
La
banque centrale américaine avait laissé son principal taux à 5,25% la
semaine dernière en pariant que la décélération de la croissance allait
finir par juguler les pressions inflationnistes.
Après
les derniers chiffres sur l'inflation "la probabilité d'une hausse des
taux en septembre chute", selon Kenneth Beauchemin de Global Insight.
Le
ralentissement économique semble bien engagé, alors que les
consommateurs commencent à vaciller face au renchérissement des crédits
et du prix de l'essence.
Deux indicateurs publiés mercredi ont mis en exergue leur essoufflement.
La production industrielle a ralenti à +0,4% en juillet après +0,8% en juin, en raison d'une chute de la production automobile.
De
leur côté, les mises en chantier de logement ont bien plus reculé que
prévu (-2,5%), pour retomber à leur niveau le plus faible depuis
novembre 2004.
"Ce sont les
investissements des ménages qui feront ralentir l'économie", souligne
Daniel Meckstroth, le chef économiste de l'alliance des industriels
MAPI.
"Les achats de voitures et les
mises en chantier de logements vont baisser et le gros de cet
affaiblissement se fera sentir au deuxième semestre", ajoute-t-il.
Les
dépenses de consommation représentent traditionnellement les deux tiers
de la croissance américaine. La hausse du coût du crédit a un effet
boule de neige car cela déprime l'immobilier. La baisse des prix des
logements à son tour tarit les liquidités que les ménages peuvent
dégager par le jeu du refinancement hypothécaire, ce qui finit par
peser sur la consommation.
Le
ralentissement économique n'est pas forcément une mauvaise nouvelle car
"c'est bien entendu ce que la Fed souhaite dans ses efforts pour
contenir l'inflation", rappelle M. Meckstroth.
L'idée
est que, si la demande est moins forte, les commerçants auront moins de
marge de manoeuvre pour augmenter leurs prix, et que les salaires
progresseront peu s'il devient plus difficile de trouver du travail.
Certains
analystes soulignent toutefois que ce scénario pourrait connaître des
ratés si l'inflation persiste à un niveau supérieur aux objectifs de la
Fed, à savoir entre 1 et 2% sur un an.
En
juillet, l'inflation de base mesurée par les prix à la consommation est
passée à 2,7% sur un an (contre 2,6% le mois précédent).
"La
Fed peut garder le statu quo pendant un moment après les derniers
chiffres de l'inflation. Mais elle va rester inquiète sur l'inflation",
estime M. Gallagher.
Sa prochaine réunion a lieu le 20 septembre.
© AFP Agence France-Presse