Rachat surprise de Sarasin par Rabobank
BANQUES Pour 445 millions de francs, l’établissement bâlois fondé en 1841 passe en mains hollandaises.
ATS
Publié le 10 janvier 2007
Georg Krayer, de Sarasin,sous l’œil du CEO de Rabobank, Hubertus Heemskerk. / KEYSTONE/STEFFEN SCHMIDT
Georg Krayer, de Sarasin,sous l’œil du CEO de Rabobank, Hubertus Heemskerk. / KEYSTONE/STEFFEN SCHMIDT
La banque Sarasin passe en mains hollandaises. Rabobank, basée à Amsterdam, a décidé d'exercer l'option lui permettant de prendre la majorité de l'établissement bâlois. Celui-ci restera géré de manière indépendante et coté à la Bourse suisse. Rabobank tenait 28% du capital de Sarasin depuis 2002 et pouvait en prendre le contrôle quand il le voulait, d'ici à la fin juin 2009. Le couperet est tombé le 29 décembre: les Hollandais sont montés à 46,06% du capital, soit 68,63% des droits de vote, ont indiqué les deux banques mardi.
Concrètement, Rabobank a acquis les actions des copropriétaires pour 809 francs par titre, soit 444,95 millions de francs au total.
La banque bâloise fondée en 1841 gardera son nom. Ses quelque 1100 collaborateurs ne devraient pas être affectés par le changement de propriétaire.
Sur le fond, ce rachat demeure une relative surprise. «Il est peu probable, à notre connaissance, que Rabobank exerce son option», déclarait Eric Sarasin, directeur de la division clientèle privée et institutionnelle de la banque pas plus tard qu'en juin dernier. «Notre indépendance est très importante», ajoutait-il dans une interview au quotidien Le Temps.
Changement de ton mardi: «grâce au soutien de Rabobank, noté AAA, Sarasin est encore mieux positionnée pour poursuivre son développement», a expliqué Georg Krayer. En entrant dans le capital de la banque suisse, Rabobank y avait apporté son unité de gestion de fortune internationale.
Les fonds sous gestion de l'établissement suisse sont passés d'un peu plus de 40 milliards de francs en 2000 à 65,3 milliards à la fin du 1er semestre 2006. Sarasin vise désormais les 100 milliards pour 2010, tout en améliorant sa rentabilité.